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Pierre Ivart. Surréaliste picard

mai 2018

Il y a dans l’espace poétique hexagonal contemporain plusieurs œuvres qui, par choix et donc par effet, cherchent à se libérer des canons de la langue française traditionnelle. Il serait temps, nous semble-t-il, de commencer à prendre ce phénomène en considération. On nous fera peut-être remarquer que la tendance n’est pas encore assez clairement dessinée pour mériter une attention plus précise. Ce n’est pas notre avis. L’un des grands intérêts de la langue poétique nationale actuelle est son tropisme centrifuge, son éloignement des centres de réflexion et de décision parisiens, son rapprochement des frontières et des idiomes étrangers. L’observateur de sensibilité européenne que nous sommes, dénué de tout optimisme béat, se contentera de souligner le dynamisme de ce mouvement. Héritière, par son histoire monarchique puis républicaine, d’une double concentration sur sa ville capitale, la France moderne s’efforce de se réinventer au plus près de ses frontières et de ses langues originelles. À cet égard, l’absence actuelle d’une critique de la scène poétique nationale digne de ce nom est un symptôme flagrant de l’effondrement central. Qu’on ne s’en soit

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Jacques Darras

Poète, essayiste et traducteur français, Jacques Darras est né en Picardie maritime dans les régions du Marquenterre et du Ponthieu (Bernay-en-Ponthieu). Fils d’un couple d’instituteurs il fréquente le Lycée d’Abbeville puis est élève d’hypokhâgne et khâgne au lycée Henri IV à Paris. Il est admis à l’ENS rue d’Ulm en 1960, hésite sur quelle voie suivre, lettres classiques ou philosophie,…

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À l’occasion de la rétrospective consacrée à Chris Marker par la Cinémathèque française, le dossier de la revue Esprit revient sur les engagements de celui qui en fut un collaborateur régulier. Propres à une génération forgée par la guerre, ces engagements sont marqués par l’irrévérence esthétique, la lucidité politique et la responsabilité morale. À lire aussi dans ce numéro : Jean-Louis Chrétien sur la fragilité, les défis du numérique à l’école et les lectures de Marx en 1968.

 

Pour aller plus loin, découvrez une sélection de textes écrits par Chris Marker dans Esprit entre 1946 et 1951 : Chris Marker, cinéaste-chroniqueur