Vue de Budapest, Hongrie. Photo de Lili Kovac
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Vues d'est…

septembre 2019

En Europe centrale, les résultats des élections européennes déjouent bien des pronostics et témoignent des transformations à l’œuvre dans les sociétés plus que de la perspicacité des sondages.

Les taux de participation, plus importants que d’habitude, suggèrent l’apparition de votes jugés utiles et confirment la mobilisation des électorats favorables aux partis en place. En Pologne et en Hongrie, les extrêmes droites ont d’ailleurs été reléguées à des portions congrues au profit des nationaux-conservateurs : le groupement polonais autour de Korwin-Mikke n’est plus représenté au Parlement, et le Jobbik hongrois n’a qu’un élu (contre trois précédemment).

On peut rapprocher ces résultats de ceux des Brexiters au Royaume-Uni, de la Ligue du Nord en Italie ou du Rassemblement national en France, et constater une tendance générale inquiétante au sein de l’Union européenne. Pourtant, les tractations politiciennes annoncées en vue de la constitution d’un pôle nationaliste européen, autour du couple formé par Matteo Salvini et Viktor Orbán, n’ont pas abouti. Ce qui n’est pas étonnant du fait, conjoncturellement, de la crise autrichienne et, plus profondément, de la complexité des phénomènes sociaux politiques que l’on s’obstine à unifier sous le qualificatif de «populistes».

De même, les oppositions lib&

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Jean-Yves Potel

Historien et politologue, spécialiste de l’Europe centrale (IEE – université de Paris 8), il a publié Les Disparitions d’Anna Langfus (Noir sur blanc, 2014).

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Le dossier, coordonné par Anne-Lorraine Bujon et Isabelle de Mecquenem, remet le sens de l’école sur le métier. Il souligne les paradoxes de « l’école de la confiance », rappelle l’universalité de l’aventure du sens, insiste sur la mutation numérique, les images et les génocides comme nouveaux objets d’apprentissage, et donne la parole aux enseignants. À lire aussi dans ce numéro : un inédit de Paul Ricœur sur la fin du théologico-politique, un article sur les restes humains en archéologie et un plaidoyer pour une histoire universaliste.