Alain Resnais, DR
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Alain Resnais, en son absence

septembre 2021

Le centenaire d’Alain Resnais, disparu il y a sept ans, sera peut-être l’occasion d’une rétrospective sur son œuvre, aussi foisonnante dans ses influences que sobre dans sa forme. Le cinéaste n’a cessé de faire varier les registres pour mettre à l’écran une méditation sur la mémoire, le souvenir et l’expérience de l’histoire.

« Nous assistons à une véritable imprégnation du monde1. »

Dans l’histoire du cinéma français depuis l’après-guerre, la figure d’Alain Resnais se distingue nettement, à tel point que, lorsque la revue Positif célébra son cinquantenaire en 2002, elle décida de publier un recueil de ses articles sur ses films. Pour les lycéens et étudiants en cinéma, l’œuvre de Resnais offre une rare variété de formes et de genres : des courts métrages, des documentaires, des films expérimentaux, des interrogations sur l’histoire, des drames, des films choraux. Sans oublier Nuit et brouillard (1956), si souvent montré par les professeurs d’histoire afin de rendre la déportation perceptible et sensible à leurs élèves. Tout comme la filmographie de Tarkovski, celle de Resnais reste longtemps en mémoire. L’inventivité y côtoie le classique, et les succès publics des œuvres moins célébrées.

Il faut aujourd’hui évoquer Resnais en son absence, sept ans après sa disparition et à la veille d’un possible centenaire en 2022. À la fin, surtout, d’une période de fermeture des lieux culturels qui a empêché la tenue, en janvier et février 2021, d’une grande rétrospective de son œuvre à la Cinémathèque française. Rétrospective qui aurait pu être l’occasion de voir tous les courts métrages du cinéaste, tournés à partir de la fin des années 1940, rendant visite à des artistes

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Louis Andrieu

Cinéphile, il écrit sur le cinéma, les contenus audiovisuel et les images dans la Revue Esprit depuis 2013.

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