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Dans le même numéro

La Peau douce de François Truffaut et L’Échine du diable de Guillermo del Toro

mai 2022

L’éditeur Carlotta, dans son habitude de proposer de beaux objets cinéphiles, a récemment sorti deux œuvres moins souvent célébrées de deux grands cinéastes : La Peau douce (1964) de François Truffaut et L’Échine du diable (2001) de Guillermo del Toro. Les films sont proposés dans des coffrets élégants, dans des copies numériques restaurées, et agrémentés de bonus qui en facilitent l’analyse, les réintroduisent dans les esprits des cinéphiles et curieux ayant eu tendance à les négliger. Le plaisir de la découverte s’allie à la rareté, conjonction de facteurs au cœur du cinéma de patrimoine, en salles et en DVD/Blu-ray, formats complémentaires bien que les deux œuvres ci-dessus aient peu été diffusées, depuis quelques mois, sur grand écran.

La Peau douce pourrait passer, au vu de son scénario, pour une romance simple : un spécialiste de Balzac (Jean Desailly) vit une liaison avec une hôtesse de l’air (Françoise Dorléac). Or François Truffaut traite l’adultère comme un sujet presque criminel, et inclut son sujet dans une première modernité, en plein succès économique de la France des années 1960 : le héros roule à pleine vitesse vers Orly dans la séquence d’ouverture, la voiture est omniprésente, et Reims décrite comme un symbole de la vie culturelle morne en province ! Le thème implicite du film reste la relative médiocrité de son héros, menant une double vie sans jamais la reconnaître ou essayer d’en résoudre les contradictions ; Jean Desa

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Louis Andrieu

Cinéphile, il écrit sur le cinéma, les contenus audiovisuel et les images dans la Revue Esprit depuis 2013.

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Patrimoines contestés

Depuis la vague de déboulonnage des statues qui a suivi l’assassinat de George Floyd, en mai 2020, la mémoire et le patrimoine sont redevenus, de manière toujours plus évidente, des terrains de contestation politique. Inscrire ces appropriations de l’espace urbain dans un contexte élargi permet d’en comprendre plus précisément la portée : des manifestations moins médiatisées, comme l’arrachement de la statue d’un empereur éthiopien en Grande-Bretagne, ou touchant à des strates d’histoire inattendues, comme la gestion de la statuaire soviétique, participent d’une même volonté de contester un ordre en dégradant ses symboles. Alors qu’une immense statue célébrant l’amitié russo-ukrainienne vient d’être démontée à Kiev, le dossier de ce numéro, coordonné par Anne Lafont, choisit de prendre au sérieux cette nouvelle forme de contestation, et montre que les rapports souvent passionnés que les sociétés entretiennent avec leur patrimoine ne sont jamais sans lien avec leur expérience du conflit. À lire aussi dans ce numéro : l’histoire, oubli de l’inconscient ?, le prix de l’ordre, pour une histoire européenne, les femmes dans l’Église, les réfugiés d’Ukraine et nos mélancolies secrètes.