Département des Pyrénées-Atlantiques – Archives départementales – 1 M 82.- Dossier de construction du camp de Gurs : photographie de la construction du camp. 22 avril 1939.
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1939, écrire contre l'internement

juil./août 2018

L’histoire des camps d’internement de la fin de la IIIe République, qui ont accueilli des républicains espagnols, puis les « ressortissants ennemis » qui fuyaient le nazisme, doit prendre en compte les multiples soutiens de Français ordinaires.

L’histoire des camps d’internement, au temps de la IIIe République finissante, s’écrit souvent dans l’épouvante de ce qui va advenir, comme enfermée dans une généalogie qui mènerait à Vichy et à l’occupant nazi. Or, à se frotter aux archives, certaines inédites[1], se révèle une société internée diverse, complexe, traversée de hiérarchies sociales et de tensions entre nationalités. Se trouvent également conservées, dans ces fonds archivistiques, des lettres de Français et d’étrangers de toute condition, qui essaient de se faufiler dans les interstices de liberté laissés par les autorités pour réclamer la libération d’un interné. Ces paroles chorales, qui se font entendre jusqu’au mois de mai 1940, disent, collectivement, une forme d’hospitalité en dépit du camp qui nuance – et parfois met à mal – les analogies proposées entre l’internement républicain et la répression des années d’occupation.

Les républicains espagnols

Dès les premières semaines de 1939, près de 500 000 réfugiés venus d’Espagne passent la frontière enfin ouv

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Marianne Amar

Responsable du département de la recherche au Musée nationale de l'histoire de l'immigration, elle a notamment publié, avec Hélène Bertheleu et Laure Teulières, Mémoires des migrations et temps de l'histoire (Presses universitaires François Rabelais, 2015).

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Assistons-nous au triomphe de la xénophobie ? Les exilés ne sont plus les bienvenus dans notre monde de murs et de camps. Pourtant, certains font preuve de courage et organisent une contre-politique hospitalière. Ce dossier estival, coordonné par Fabienne Brugère et Guillaume le Blanc, invite à ouvrir le secours humanitaire sur un accueil institutionnel digne et une appartenance citoyenne réinventée.