Photo : William Bossen
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Fins de monde

Sérotonine de Michel Houellebecq[1] et Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu[2], en plus du succès rencontré, paraissent avoir trouvé des échos dans l’actualité des derniers mois. En tant qu’œuvres littéraires, elles dessinent à leur manière des généalogies et des carto­graphies d’un désœuvrement des provinces françaises. Même si ces récits prennent pour objet des espaces géographiques et des milieux distincts, un constat commun affleure : des fins de mondes ont lieu, emportant avec elles existences et dignités.

Des éclats de violences (auto)destructrices sont la réplique de violences sociales plus silencieuses qui s’insinuent depuis ces dernières décennies et traversent les corps et les intimités. Démantèlement de l’agriculture française et démission des élites dans Sérotonine font écho aux ravages de la désindustrialisation des régions de l’Est dans le roman de Nicolas Mathieu. Ces romans ont légitimement suscité l’intérêt d’une époque qui, certes, cherche des récits explicatifs à son malaise mais, surtout, à en scruter l

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Nicolas Léger

Professeur de lettres et de philosophie au lycée Victor-Hugo de Florence, il a récemment publié « Soumission, ou l'épuisement de tout » (Esprit, novembre 2018).

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Loin d’être neutres, les entreprises technologiques de la Silicon Valley portent un véritable projet politique. Pour les auteurs de ce dossier, coordonné par Emmanuel Alloa et Jean-Baptiste Soufron, il consiste en une réinterprétation de l’idéal égalitaire, qui fait abstraction des singularités et produit de nouvelles formes d’exclusions. Ce projet favorise un capitalisme de la surveillance et son armée de travailleurs flexibles. À lire aussi dans ce numéro : perspectives, faux-semblants et idées reçues sur l’Europe, le génocide interminable des Tutsi du Rwanda et un entretien avec Joël Pommerat.