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Le monde au risque de la désintégration. Entretien

Dans votre ouvrage, Où va le monde ?, vous jugez que nous nous trouvons à un tournant critique dans l’histoire de la mondialisation1. Quelles ruptures de l’histoire contemporaine vous semblent expliquer le mieux la situation actuelle et ce qu’on perçoit, depuis le référendum sur le Brexit et l’élection de Donald Trump aux États-Unis, comme une forme de rejet de la mondialisation ?

Pascal Lamy – J’aimerais rappeler d’abord que le projet de ce livre est né avec le numéro qu’Esprit avait consacré en août-septembre 2014 au « Nouveau désordre mondial ». Ce dernier comprenait un article de Nicole Gnesotto intitulé « La mondialisation politique n’existe pas ». Ce constat m’a semblé trop pessimiste, et nous avons entamé un dialogue par écrit. De fil en aiguille, cet échange est devenu plus consistant et nous avons souhaité en faire un livre.

Nicole Gnesotto – On constate, dans les vingt dernières années, une multiplication du nombre de ruptures politiques ou économiques. On prédisait, il y a peu de temps encore, une ère de ruptures technologique

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Nicole Gnesotto

Après des études de Lettres et d'histoire, Nicole Gnesotto a passé une grande partie de sa carrière au Conseil de l'Union européenne. Spécialiste des questions stratégiques, elle a été le premier directeur de l'Institut d'études de sécurité de l'Union européenne.Elle est titulaire de la chaire "Union Européenne" au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM).  Elle a notamment publié Le

Pascal Lamy

Haut fonctionnaire et homme politique français, Pascal Lamy a été commissaire européen en charge du commercial international de 1999 à 2004 puis directeur général de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) de 2005 à 2013. Il est aujourd'hui président éméritus de l'Institut Jacques Delors. Il a notamment publié Où va le monde ? (Odile Jacob, 2017) avec Nicole Gnesotto et Quand la France

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Les violations des droits de l’homme restent impunies en Syrie. Le rêve illibéral d’une démocratie sans droit gagne la Turquie et les pays d’Europe centrale. Les institutions internationales sont impuissantes ou réduites à mener des actions humanitaires. Si le moment des droits de l’homme est derrière nous, il revient à l’Europe de mener une nouvelle bataille pour ces droits. Des articles aussi sur l’élection présidentielle, la ville numérique et l’Etranger de Camus.