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Notes de lecture

Dans le même numéro

Réinventer l’amour de Mona Chollet

Comment le patriarcat sabote les relations hétérosexuelles

janv./févr. 2022

Peut-on être féministe et fleur bleue ? Dans son dernier livre, Mona Chollet renoue avec une perspective qu’elle avait déjà adoptée dans Chez soi. Une odyssée de l’espace domestique (La Découverte, 2015) : prendre une représentation traditionnelle de « la femme » et se demander si, dans une perspective féministe, il est nécessaire de s’en défaire ou si l’on peut la réinventer. Dans Chez soi, il s’agissait du rapport des femmes à l’espace domestique. À rebours d’une histoire du féminisme qui a légitimement cherché à faire sortir les femmes de chez elles pour leur donner accès à l’espace public, elle y revendiquait le droit d’être casanière, la notion de foyer non plus comme prison mais comme refuge, sans pour autant nier les obstacles réels, les puissantes inégalités auxquelles chacun, et surtout chacune, fait face entre les murs de sa maison. Réinventer l’amour adopte la même démarche : s’identifier à une image de la femme en apparence conforme aux rôles de genre traditionnels, la femme amoureuse, pour mieux la déconstruire. Ou, pour reprendre les mots de Mona Chollet, imaginer « une hétérosexualité qui trahirait le patriarcat ».

Celles et ceux qui ont déjà lu certains de ses livres retrouveront dans celui-ci le plaisir du style de Mona Chollet, sa plume limpide et élégante, sa capacité rare dans le paysage éditorial français actuel à mêler intimité et recherche, sentiments et analyse, à donner envie à ses lectrices et à ses lecte

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
La Découverte, 2021
272 p. 19 €

Alice Béja

Maîtresse de conférences à Sciences Po Lille, chercheuse au CERAPS-CNRS, Alice Béja est spécialiste de l’histoire culturelle et politique des Etats-Unis. Elle travaille sur les mouvements protestataires américains de la fin du XIXe et du premier XXe siècle ainsi que sur leurs représentations littéraires. Ancienne rédactrice en chef de la revue Esprit, elle a notamment publié Des mots pour se

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Comment écrire l’histoire des marges ? Cette question traverse l’œuvre de Michel de Certeau, dans sa dimension théorique, mais aussi pratique : Certeau ne s’installe en effet dans aucune discipline, et aborde chaque domaine en transfuge, tandis que son principal objet d’étude est la façon dont un désir fait face à l’institution. À un moment où, tant historiquement que politiquement, la politique des marges semble avoir été effacée par le capitalisme mondialisé, l’essor des géants du numérique et toutes les formes de contrôle qui en résultent, il est particulièrement intéressant de se demander où sont passées les marges, comment les penser, et en quel sens leur expérience est encore possible. Ce dossier, coordonné par Guillaume Le Blanc, propose d’aborder ces questions en parcourant l’œuvre de Michel de Certeau, afin de faire voir les vertus créatrices et critiques que recèlent les marges. À lire aussi dans ce numéro : La société française s’est-elle droitisée ?, les partis-mouvements, le populisme chrétien, l’internement des Ouïghours, le pacte de Glasgow, et un tombeau pour Proust.