Notes de lecture

Dans le même numéro

Les Juifs dans le Coran de Meir M. Bar-Asher

Préface de Mohammad Ali Amir-Moezzi

juil./août 2021

Meir M. Bar-Asher, professeur à l’université hébraïque de Jérusalem, islamologue spécialiste des littératures arabes, fait une mise au point brillante sur la question des Juifs dans le Coran. Il s’appuie sur les travaux extrêmement précis des chercheurs anglo-saxons, musulmans ou juifs, peu connus en France. Le Coran regorge de récits bibliques, réécrits afin de les inscrire dans la narration de l’islam, et les Juifs y sont tantôt loués, tantôt vilipendés. Contradiction ? Non, car le Coran est un récit dynamique et la littérature coranique s’étale sur plusieurs siècles.

Le caractère allusif des écrits montre que l’Ancien et le Nouveau Testament n’étaient pas ignorés : des tribus juives ou arabes converties à un judaïsme dont on ignore la nature vivaient effectivement en Arabie et au Yémen. Les Juifs sont décrits comme les « fils d’Israël » ou « le peuple du Livre » (désignant aussi les chrétiens). Si nombre d’assertions sont positives, le négatif l’emporte. Le peuple élu aurait été ingrat, il aurait rompu l’Alliance, ce qui l’a déchu de son élection au profit des musulmans. Les Juifs seraient perfides, auraient falsifié les Écritures, seraient devenus idolâtres, assassins des prophètes ! L’auteur reprend l’exégèse critique qui y voit non un jugement contre les Juifs en général mais contre les juifs de Médine. Nombre de versets virulents peuvent être « neutralisés quand ils sont ramenés à un contexte historique précis [et à l’inverse] d

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Albin Michel, 2021
288 p. 9 €

Annick Jamart

Historienne, elle s'intéresse à la Belgique contemporaine et préside diverses associations culturelles. Elle a publié divers articles dans la revue Esprit sur la crise institutionnelle belge et son fédéralisme atypique.

Dans le même numéro

Nos attentes à l’égard de la littérature ont changé. Autant qu’une expérience esthétique, nous y cherchons aujourd’hui des ressources pour comprendre le monde contemporain, voire le transformer. En témoigne l’importance prise par les enjeux d’écologie, de féminisme ou de dénonciation des inégalités dans la littérature de ce début du XXIe siècle, qui prend des formes renouvelées : le « roman à thèse » laisse volontiers place à une littérature de témoignage ou d’enquête. Ce dossier, coordonné par Anne Dujin et Alexandre Gefen, explore cette réarticulation de la littérature avec les questions morales et politiques, qui interroge à la fois le statut de l’écrivain aujourd’hui, les frontières de la littérature, la manière dont nous en jugeons et ce que nous en attendons. Avec des textes de Felwine Sarr, Gisèle Sapiro, Jean-Claude Pinson, Alice Zeniter, François Bon.