Notes de lecture

Dans le même numéro

Le Banquet annuel de la confrérie des fossoyeurs de Mathias Énard

juin 2021

Véritable capharnaüm narratif, le septième roman de Mathias Énard échappe à toute catégorisation. L’action est majoritairement circonscrite à un petit village imaginaire des Deux-Sèvres, la Pierre-Saint-Christophe, mélange de cité-dortoir invisible et d’irréductibles autochtones agriculteurs, pêcheurs, chasseurs. Ces derniers sont les récurrents consommateurs du dernier bar du village, le Café-Pêche, proposant du pastis, du viandox et surtout une large collection d’articles de pêche. L’auteur nous introduit dans ce petit monde par le prisme d’un nouvel arrivant, David Mazon, aspirant ethnologue qui souhaite rédiger sa thèse sur la vie d’un village ordinaire aujourd’hui. Le début du roman prend la forme d’un journal de bord, où les éléments descriptifs sont entrecoupés de remarques personnelles plus ou moins sérieuses. Au tiers du roman, le décor posé, le journal de bord s’interrompt brusquement. S’ensuit alors une succession de chansons et d’histoires où toutes les époques se mélangent. On suit la captivité fugace d’un Vendéen sous la Convention ou, plus loin, l’évocation d’un futur proche à l’écosystème dépéri. C’est que,

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Actes Sud, 2020
432 p. 22,5 €

Léo André

Léo André est administrateur des services de l'Assemblée nationale. Il est diplômé de l'Ecole Centrale de Lyon et de Sciences Po Paris.

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Les enquêtes de santé publique font état d’une épidémie de fatigue dans le contexte de la crise sanitaire. La santé mentale constitue-t-elle une « troisième vague » ou bien est-elle une nouvelle donne sociale ? L’hypothèse suivie dans ce dossier, coordonné par Jonathan Chalier et Alain Ehrenberg, est que la santé mentale est notre attitude collective à l’égard de la contingence, dans des sociétés où l’autonomie est devenue la condition commune. L’épidémie ne provoque pas tant notre fatigue qu’elle l’accentue. Cette dernière vient en retour révéler la société dans laquelle nous vivons – et celle dans laquelle nous souhaiterions vivre. À lire aussi dans ce numéro : archives et politique du secret, la laïcité vue de Londres, l’impossible décentralisation, Michel Leiris ou la bifurcation et Marc Ferro, un historien libre.