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Notes de lecture

Dans le même numéro

Édouard Glissant, l’éclat et l’obscur sous la dir. de Dominique Aurélia, Alexandre Leupin et Jean-Pierre Sainton

avril 2021

Les actes du colloque Glissant qui s’est tenu en Martinique en 2018, la première fois sur sa terre natale, sont désormais publiés. On ne saurait trop recommander à tous les citoyens du « Tout-Monde » de se plonger dans les quelque trente contributions signées par des spécialistes de sa pensée. Rappelons qu’Édouard Glissant – né Mathieu Godard à la Martinique le 21 septembre 1928, décédé à Paris le 3 février 2011 – fut à la fois poète, romancier, philosophe, et qu’il s’illustra même comme agitateur politique en créant en 1961, à Paris, avec quelques amis martiniquais, le Front des Antillais et Guyanais pour l’autonomie (en réalité pour l’indépendance), qui s’attira les foudres du pouvoir gaulliste et fut dissous au bout de quelques mois. Vingt ans plus tard, dans Le Discours antillais, Glissant expliquera pourquoi l’aspiration à l’indépendance des intellectuels était de toute façon vouée à l’échec, la population antillaise, dans son ensemble aliénée volontaire, ne la voulant pas. L’ouvrage traite surtout de la philosophie de Glissant1, dont les concepts (le gouffre, le chaos, l’opacité, le tremblement, la pensée archipélique, la mondialité, le divers et la relation) ne se laissent pas facilement pénétrer. On retiendra la contribution de Brenda Moore, qui se penche sur le concept de « gouffre ». Rappelant les trois significations du mot (la cale du bateau négrier, l’océan Atlantique, la mém

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Presses universitaires des Antilles, 2020
472 p. 36 €

Michel Herland

Michel Herland est professeur des universités, aux Antilles, en Guyane et Martinique. Il dirige le journal en ligne Mondes francophones. Il est l’auteur du livre La Mutine, Andersen, 2018

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Les difficultés rencontrées pendant la gestion de l’épidémie de Covid-19 ont remis en lumière le rapport paradoxal que la France entretient avec son État. Parce qu’il est censé décider de tout, il est le recours vers lequel tous se tournent en situation de crise, en même temps qu’il concentre l’essentiel des critiques. Au-delà de la crise sanitaire, la question d’un juste partage des responsabilités entre l’État et d’autres acteurs - les collectivités territoriales, les citoyens, les syndicats ou les entreprises- pour construire un horizon d’action commun se pose. Alors même que la pandémie marque le retour en grâce de l’action publique, comment changer concrètement la figure de l’État pour apaiser sa relation avec la société et lui permettre de répondre aux aspirations contemporaines en matière d’écologie et de justice sociale ? C’est à cette question que s’attache ce dossier, coordonné par Lucile Schmid.