Notes de lecture

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Not Enough: Human Rights in an Unequal World de Samuel Moyn

juil./août 2021

L’ère des droits humains semblait devoir coïncider avec celle d’une émancipation promise par la fin de la guerre froide. En rétrospective, l’internationalisme qu’elle appelait ou les mouvements auxquels elle donna naissance s’accommodèrent parfaitement de l’essor d’un néolibéralisme brutal qui a fait exploser les inégalités sur le globe en près de quarante ans – avec pour résultat une poignée d’hommes possédant aujourd’hui tout autant que la moitié la plus pauvre de l’humanité. Et c’est bien une perspective plus nuancée que Samuel Moyn, professeur à l’université Yale, ambitionne d’apporter sur ces droits humains, qui sont les contemporains d’une profonde crise morale et de notre incapacité à donner naissance à de nouveaux idéaux.

Dans Not Enough, Moyn renouvelle en profondeur la réflexion sur le combat en faveur de l’égalité, en en reprenant l’histoire de la Révolution française jusqu’à nos jours. Il en classe les acteurs et mouvements majeurs entre partisans de deux idéaux de justice, de deux impératifs de distribution, à savoir un minimum d’autonomie (sufficiency) ou l’égalité – entre ceux qui estiment qu’il faut assez distribuer pour permettre de dépasser le seuil de pauvreté et ceux jugeant qu’il faut faire davantage pour atteindre l’égalité, voire fixer des limites aux inégalités. Moyn est clair : assez n’est pas assez (not enough) ; un monde dans lequel des besoins de base sont pris en compte n’empêche pas le maintien d’importantes h

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Belknap, 2018
296 p. 19 €

Niels Planel

Niels Planel a travaillé pour l'un des principaux conseillers du Premier ministre Koizumi, à la Banque mondiale, puis comme assistant spécial de la directrice générale du Fonds vert pour le climat. Diplômé de la Harvard Kennedy School, il y a reçu le prix Lucius Littauer d'excellence académique. Il collabore depuis avec des organisations internationales, des associations et des municipalités sur…

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Nos attentes à l’égard de la littérature ont changé. Autant qu’une expérience esthétique, nous y cherchons aujourd’hui des ressources pour comprendre le monde contemporain, voire le transformer. En témoigne l’importance prise par les enjeux d’écologie, de féminisme ou de dénonciation des inégalités dans la littérature de ce début du XXIe siècle, qui prend des formes renouvelées : le « roman à thèse » laisse volontiers place à une littérature de témoignage ou d’enquête. Ce dossier, coordonné par Anne Dujin et Alexandre Gefen, explore cette réarticulation de la littérature avec les questions morales et politiques, qui interroge à la fois le statut de l’écrivain aujourd’hui, les frontières de la littérature, la manière dont nous en jugeons et ce que nous en attendons. Avec des textes de Felwine Sarr, Gisèle Sapiro, Jean-Claude Pinson, Alice Zeniter, François Bon.