Notes de lecture

S'engager ? d'Albert Camus et Michel Vinaver

Correspondance (1946-1957) assortie d’autres documents

septembre 2012

Ces trente-six lettres échangées entre 1946 et 1957 sont la conséquence d’une rencontre à New York en 1946 : le jeune Michel Vinaver a alors dix-neuf ans, il est exilé aux États-Unis avec sa famille juive et prend contact avec Albert Camus après la conférence qu’il a prononcée sur « La crise de l’homme ». Comme Vinaver et Camus abordent dans ces lettres le thème sartrien de l’engagement des écrivains, le premier prend fermement ses distances avec l’idée qu’il faut faire passer des messages et manifeste son refus du théâtre d’idées à la Camus (il dit nettement qu’il n’aime pas les Justes). C’est l’occasion de réflexions sur l’écriture « indistincte », celle que Vinaver a toujours pratiquée dans ses romans et son théâtre. L’éditeur de ces lettres, qui prépare une thèse sur Vinaver, pense que ce dernier a écrit le théâtre que Camus aurait aimé écrire. Quoi qu’il en soit du théâtre de Camus auquel Vinaver préfère les récits et les romans (particulièrement la Chute), le théâtre de Vinaver occupe les scènes depuis les années 1970 et connaît un regain d’a

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L'Arche, 2012
168 p. 16,25 €

Olivier Mongin

Directeur de la revue Esprit de 1989 à 2012   Marqué par des penseurs comme Michel de Certeau, qui le pousse à se confronter au structuralisme et l'initie aux problématiques de la ville et aux pratiques urbaines, Claude Lefort et Cornelius Castoriadis, les animateurs du mouvement Socialisme ou Barbarie, qui lui donnent les outils à la fois politiques et philosophiques de la lutte…