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Notes de lecture

Dans le même numéro

La Maison des Hollandais de Ann Patchett

Trad. par Hélène Frappat

mars 2021

La Maison des Hollandais raconte l’enfermement dans une histoire intime qui n’a été ni imaginée ni souhaitée et, à travers les stratégies parfois maladroites, souvent répétitives, inventées pour survivre, dessine un paysage économique et social.

Dans ce huitième roman, Ann Patchett reprend, sous forme d’un conte de fées, version seconde moitié du xxe siècle aux États-Unis, ses thèmes de prédilection : l’éclatement d’un cadre de référence, l’expulsion soudaine d’une cellule familiale et le douloureux cheminement qui mène à une possible réconciliation. À la mort de leur père, Danny, âgé de 15 ans, et Maeve, sa sœur de sept ans son aînée, sont chassés brutalement de leur maison par leur belle-mère Andrea. C’est à la première personne du singulier que Danny revient sur le poids de ce passé poignant.

Après Bel Canto, roman qui, à partir d’un fait divers (la prise d’otages à l’ambassade japonaise de Lima en 1996-1997), s’attachait aux échanges et changements de rôles entre terroristes et prisonniers1, puis Orange amère, récit plus autobiographique qui, sur une cinquantaine d’années, retraçait les errances de membres de familles recomposées2, La Maison des Hollandais raconte autrement l’enfermement dans une histoire intime qui n’a été ni imaginée ni souhaitée et, à travers les stratégies parfois maladroites, souvent répétitives, inventées pour survivre, dessine un paysage économique et social.

Toutes les composantes d’un conte de fées sont présentes : un « palais », une mère absente, un père naïf,

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Actes Sud, 2021
311 p. 22,5 €

Sylvie Bressler

Critique littéraire à la revue Esprit depuis 2002.

Dans le même numéro

On oppose souvent science et croyance, comme si ces deux régimes de discours n’avaient rien de commun. Pourtant, l’expérience nous apprend que c’est généralement quand l’un des deux fait défaut que l’autre subit une crise. Dans le contexte pandémique actuel, l’incapacité des experts et des gouvernants à rendre compte dans l’espace public des conditions selon lesquelles s’élaborent les vérités scientifiques, aussi bien qu’à reconnaître la part de ce que nous ne savions pas, a fini par rendre suspecte toute parole d’autorité et par faciliter la circulation et l’adhésion aux théories les plus fumeuses. Comment s’articulent aujourd’hui les registres de la science et de la croyance ? C’est à cette question que s’attache le présent dossier, coordonné par le philosophe Camille Riquier, avec les contributions de Jean-Claude Eslin, Michaël Fœssel, Bernard Perret, Jean-Louis Schlegel, Isabelle Stengers. À lire aussi dans ce numéro : l’avenir de l’Irak, les monopoles numériques, les enseignants et la laïcité, et l’écocritique.