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Notes de lecture

Dans le même numéro

Les Deux Cultures suivi d’État de siège de Charles Percy Snow

Introduction de Stéphane Collini, trad. par Claude Noël et Christophe Jaquet

mai 2021

Le 7 mai 1959, à la Senate House de Cambridge, dans le cadre des conférences Rede, le romancier et essayiste britannique Charles Percy Snow prononce sa conférence sur les « deux cultures », qui rencontre un écho puissant et durable. Avec, en arrière-plan, les effets à long terme de la révolution industrielle qui a marqué l’Angleterre et la crainte du surpeuplement, Snow définit les contours de deux cultures hermétiques l’une à l’autre : d’un côté, les « intellectuels littéraires », hostiles au futur et aux avancées de la science ; de l’autre, les scientifiques durs (surtout les physiciens), plus rigoureux et optimistes. Comparant le Royaume-Uni avec les États-Unis et l’URSS, Snow se focalise aussi sur les atouts et les lacunes du système éducatif britannique à la lumière des deux cultures. Il qualifie les « intellectuels littéraires » de luddites, du nom des bandes d’ouvriers qui, entre 1811 et 1816, ont parcouru l’Angleterre pour détruire les machines, jugées responsables de la perte de leur emploi. Il identifie, dans la culture non scientifique, un rejet du progrès technologique qui freine le développement de l’humanité. La réédition des Deux Cultures est accompagnée de la publication, inédite en français, d’État de siège, conférence prononcée en novembre 1968 qui revient sur le fossé entre les riches et les pauvres, déjà dénoncé en 1959.

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Les Belles Lettres, 2021
208 p. 13,9 €

Philippe Boulanger

Philippe Boulanger est géographe français, spécialisé en géographie historique, géographie militaire et géostratégie, géographie politique et géopolitique. Il est professeur des universités en géographie à Sorbonne Université. Il est l'auteur de Géographie militaire et géostratégie: Enjeux et crises du monde contemporain (2011).…

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Force structurante de notre modernité, le libéralisme concentre ces dernières années toutes les critiques. Mais lorsque certains fustigent la société du tout marché, l’individualisme et l’égoïsme contemporains, l’élitisme, les inégalités ou l’autoritarisme, est-ce bien à l’idée libérale qu’ils en ont ? La démocratie peut-elle se passer du libéralisme ? C’est à ces questions que s’attache ce dossier, coordonné par Anne-Lorraine Bujon. Le libéralisme y apparaît d’abord comme une tradition plurielle, capable de se renouveler et de se combiner avec d’autres courants de pensée politique. Timothy Garton Ash le définit comme une méthode plutôt qu’un système : « une quête interminable pour déterminer le meilleur moyen de bien vivre ensemble dans les conditions de la liberté ». À quelles conditions, et dans quelles formes nouvelles peut-on défendre aujourd’hui l’idée libérale ? À lire aussi dans ce numéro : l’Allemagne après la réunification, les pays baltiques, la mémoire selon Ernest Pignon-Ernest, une lecture de Nœuds de vie de Julien Gracq, et la vie de Konrad von Moltke, le délégué de la nature.