Notes de lecture

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Ces évangéliques derrière Trump d’André Gagné

Hégémonie, démonologie et fin du monde

mars 2021

L’auteur livre une puissante réflexion sur ce raz-de-marée idéologique évangélique qui irrigue les moindres terres du Nouveau Continent, au nord comme au sud, et qui ne s’arrêtera pas en si bon chemin.

L’annonce de la victoire de Joe Biden face à Donald Trump à la dernière élection présidentielle a renforcé l’idée de deux Amériques. Mais loin de la catastrophe annoncée, Trump a renforcé en quatre ans toutes les franges conservatrices, radicales, mystiques et messianiques de la société américaine en un joyeux chaos politique, social et cultuel. La victoire de Biden pourrait pourtant nous faire croire à la caducité du contenu du livre d’André Gagné, professeur à l’Université Concordia à Montréal. Il n’en est rien : l’auteur livre une puissante réflexion sur ce raz-de-marée idéologique évangélique qui irrigue les moindres terres du Nouveau Continent, au nord comme au sud, et qui ne s’arrêtera pas en si bon chemin. Si l’auteur explique que « pour la frange charismatique proche du pouvoir politique, le président Trump représente le seul espoir pour l’Amérique », c’est bien que le « trumpisme » a quelque chose en lui d’évangélique.

Domination nécessaire des chrétiens dans le monde mais aussi dans toutes les couches nationales de la société, vision binaire du monde, le Bien contre le Mal, qui passe par la lutte contre

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Labor et Fides, 2020
168 p. 17 €

Sébastien Boussois

Docteur en sciences politiques, enseignant en relations internationales, Sébastien Boussois consacre ses recherches à l'étude du Moyen-Orient, des relations euro-arabes, du terrorisme et de la radicalisation. Il est collaborateur scientifique du CECID (Université Libre de Bruxelles), de l'OMAN (UQAM Montréal) et de SAVE BELGIUM (Society Against Violent Extremism). Il est notamment l'auteur de Daec

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On oppose souvent science et croyance, comme si ces deux régimes de discours n’avaient rien de commun. Pourtant, l’expérience nous apprend que c’est généralement quand l’un des deux fait défaut que l’autre subit une crise. Dans le contexte pandémique actuel, l’incapacité des experts et des gouvernants à rendre compte dans l’espace public des conditions selon lesquelles s’élaborent les vérités scientifiques, aussi bien qu’à reconnaître la part de ce que nous ne savions pas, a fini par rendre suspecte toute parole d’autorité et par faciliter la circulation et l’adhésion aux théories les plus fumeuses. Comment s’articulent aujourd’hui les registres de la science et de la croyance ? C’est à cette question que s’attache le présent dossier, coordonné par le philosophe Camille Riquier, avec les contributions de Jean-Claude Eslin, Michaël Fœssel, Bernard Perret, Jean-Louis Schlegel, Isabelle Stengers. À lire aussi dans ce numéro : l’avenir de l’Irak, les monopoles numériques, les enseignants et la laïcité, et l’écocritique.