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Notes de lecture

Dans le même numéro

Le pays du passé de Guéorgui Gospodinov

Trad. par Marie Vrinat-Nikolov

janv./févr. 2022

Après un texte dense, Physique de la mélancolie (Intervalles, 2015), et de plus courts récits ou nouvelles comme Un roman naturel (Intervalles, 2017) ou L’Alphabet des femmes (Arléa, 2014), tous aux prises avec les multiples facettes d’une existence éphémère, concentrés sur la saisie de fulgurantes images de plaisir dans un contexte empreint de tristesse, traversés aussi de doutes sur la lecture du monde et son évolution, ce nouveau roman de l’écrivain bulgare à être traduit en français s’attaque frontalement à la perception du temps.

En racontant comment le refuge dans un passé reconstitué se substitue à la réflexion sur un futur imaginable, il résonne comme un appel à la nostalgie pour des individus en quête d’identité comme pour des États confrontés à leur histoire. Inauguré par Gaustine, un psychiatre gérontologue qui s’occupe de patients souffrant de démence, le « virus » du passé, après avoir gagné les familles des malades, finit par frapper toute l’Europe et se transformer en phénomène politique. En termes poétiques, vibrants, humoristiques ou moqueurs, ce roman déroutant invite à un voyage dans les méandres de la mémoire, à une méditation sur la liberté de choisir et d’imaginer un destin, et plonge au cœur même de l’acte d’écrire et de la conversation entre fiction et réalité.

Né en 1968 à Yambol au sud-est de la Bulgarie et ayant grandi à Topolovgrad, une autre petite ville près de la frontière turque – le vécu au

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Gallimard, 2021
352 p. 23 €

Sylvie Bressler

Critique littéraire à la revue Esprit depuis 2002.

Dans le même numéro

Comment écrire l’histoire des marges ? Cette question traverse l’œuvre de Michel de Certeau, dans sa dimension théorique, mais aussi pratique : Certeau ne s’installe en effet dans aucune discipline, et aborde chaque domaine en transfuge, tandis que son principal objet d’étude est la façon dont un désir fait face à l’institution. À un moment où, tant historiquement que politiquement, la politique des marges semble avoir été effacée par le capitalisme mondialisé, l’essor des géants du numérique et toutes les formes de contrôle qui en résultent, il est particulièrement intéressant de se demander où sont passées les marges, comment les penser, et en quel sens leur expérience est encore possible. Ce dossier, coordonné par Guillaume Le Blanc, propose d’aborder ces questions en parcourant l’œuvre de Michel de Certeau, afin de faire voir les vertus créatrices et critiques que recèlent les marges. À lire aussi dans ce numéro : La société française s’est-elle droitisée ?, les partis-mouvements, le populisme chrétien, l’internement des Ouïghours, le pacte de Glasgow, et un tombeau pour Proust.