Notes de lecture

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Washington Black d'Esi Edugyan

juin 2019

Dans la veine de ses deux romans précédents[1], qui s’appuient sur le vécu d’un personnage central pour dénoncer la violence exercée à l’égard de groupes marginalisés, ostracisés par les pouvoirs en place, Esi Edugyan, née au Canada de parents émigrés du Ghana, semble composer avec Washington Black une nouvelle partition historique sur fond d’aventures multiples. Le héros, qui donne son titre au livre, raconte à la première personne son errance en ballon dirigeable, en bateau, à pied, en caravane, à partir de 1830 (il serait né autour de 1818), de la plantation sucrière de la Barbade où il travaille comme esclave jusqu’au Maroc, en passant par la Virginie, le pôle Nord, la Nouvelle-Écosse, Londres et Amsterdam. Tout en décryptant la cruauté sans limites des maîtres, la gêne révoltée des abolitionnistes ou la douleur éprouvée par les Noirs, même après leur libération, le roman résonne au-delà du simple témoignage sur l’esclavage. Les pistes de réflexion fusent souterrainement au fil de la narration : quel sens donner au lieu et aux conditions de sa naissance, comment parvenir à définir son identité, que veut dire ê

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Liana Levi, Trad. par Michelle Herpe-Voslinsky, 2019
432 p. 22 €

Sylvie Bressler

Critique littéraire à la revue Esprit depuis 2002.

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Dans un dossier sur « Le soulèvement algérien », coordonné par Hamit Bozarslan et Lucile Schmid, Esprit salue un mouvement non violent de revendication démocratique qui vise à en terminer avec un régime autoritaire et corrompu. Le souci de dignité permet aux Algériens de renouer avec leur conscience historique. À lire aussi dans ce numéro : un entretien avec Karol Modzelewski, un hommage à Pierre Hassner et une philosophie de l’événement.