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Notes de lecture

Dans le même numéro

Hospitalité de Jacques Derrida

Volume I. Séminaire (1995-1996)

janv./févr. 2022

La publication des séminaires de Jacques Derrida introduit le lecteur dans son « atelier » : il prend alors la mesure des « matériaux », des « outils », des « essais » qui sont maniés avant d’être finalisés en un livre, ce bel ouvrage.

Du philosophe Jacques Derrida (1930-2004) nous disposons d’une centaine d’ouvrages édités, dont certains de ses cours, qu’il rédigeait et complétait à l’oral, d’où l’importance de cette édition, qui ajoute les propos improvisés que des enregistrements ont mémorisés. On estime à environ 14 000 pages ces cours prononcés entre 1960 et 2003 et, même si certains de ses livres s’en inspirent, la lecture des six séminaires déjà publiés révèle des « digressions » passionnantes, sans compter la rythmique que le conférencier adopte, qui restitue en partie l’ambiance de ces séances.

Le thème de l’hospitalité n’est pas nouveau pour le lecteur qui disposait déjà de plusieurs articles (indiqués par les éditrices Pascale-Anne Brault et Peggy Kamuf, dont les notes sont éclairantes) et du livre De l’hospitalité. Anne Dufourmantelle invite Jacques Derrida à répondre (Calmann-Lévy, 1997). Néanmoins, il bénéficie ici d’une présentation de la pensée en acte du philosophe. Ce séminaire de l’année 1995-1996 à l’École des hautes études en sciences sociales en neuf séances témoigne d’une réflexion qui se (dé)construit petit à petit, en s’appuyant sur des citations que Derrida décortique afin de se les approprier (Kant, Klossowski, Heidegger, Platon, Sophocle, Arendt, Rosenzweig, mais aussi Augustin, Hegel, Levinas et Benveniste).

Sans cesse il revient à l’étymologie qui, indéniablement, alimente sa pensée ou, du moins, l’oriente. Bien sûr, les proximités entre « hôt

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Seuil, 2021
400 p. 24 €

Thierry Paquot

Philosophe, professeur à l'Institut d'urbanisme de Paris, il est spécialiste des questions urbaines et architecturales, et participe activement au débat sur la ville et ses transformations actuelles. Thierry Paquot a beaucoup contribué à diffuser l'oeuvre d'Ivan Illich en France (voir sa préface à Ivan Illich, La Découverte, 2012), et poursuit ses explorations philosophiques du lien entre nature,…

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Comment écrire l’histoire des marges ? Cette question traverse l’œuvre de Michel de Certeau, dans sa dimension théorique, mais aussi pratique : Certeau ne s’installe en effet dans aucune discipline, et aborde chaque domaine en transfuge, tandis que son principal objet d’étude est la façon dont un désir fait face à l’institution. À un moment où, tant historiquement que politiquement, la politique des marges semble avoir été effacée par le capitalisme mondialisé, l’essor des géants du numérique et toutes les formes de contrôle qui en résultent, il est particulièrement intéressant de se demander où sont passées les marges, comment les penser, et en quel sens leur expérience est encore possible. Ce dossier, coordonné par Guillaume Le Blanc, propose d’aborder ces questions en parcourant l’œuvre de Michel de Certeau, afin de faire voir les vertus créatrices et critiques que recèlent les marges. À lire aussi dans ce numéro : La société française s’est-elle droitisée ?, les partis-mouvements, le populisme chrétien, l’internement des Ouïghours, le pacte de Glasgow, et un tombeau pour Proust.