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Notes de lecture

Dans le même numéro

Travailler moins, travailler autrement, ou ne pas travailler du tout de Serge Latouche

janv./févr. 2022

Principal théoricien de la décroissance, Serge Latouche, de livre en livre, aborde la plupart des sujets de société, comme le religieux avec Comment réenchanter le monde. La décroissance et le sacré (Rivages, 2019) ou l’alimentation avec L’Abondance frugale comme art de vivre. Bonheur, gastronomie et décroissance (Rivages, 2020). Cette fois, c’est le travail qu’il examine sous toutes les facettes.

La Covid-19 a généralisé le télétravail (totalement dépendant des macro-réseaux !) et contraint à une « décroissance forcée », mais au lieu de tester la conviction décroissante de « travailler moins pour vivre mieux », les pouvoirs publics relancent l’activité en soutenant massivement l’aéronautique et l’automobile et en demandant au tout-numérique d’impulser une vaine « croissance verte ». Les Gafam roulent pour elles-mêmes, contrairement à une idée reçue, et se localisent là où les bénéfices sont les plus importants : « avec la mondialisation au niveau local, note subtilement Serge Latouche, nous sommes en face de territoires sans pouvoir à la merci de pouvoirs sans territoire ».

C’est pourtant à partir du local que des alternatives peuvent s’opposer à la globalisation, comme le remarquait déjà André Gorz à la fin du siècle dernier, un local ni autarcique ni enfermant mais émancipateur, comme la « biorégion » préconisée par Alberto Magnaghi. Le salariat n’es

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Rivages, 2021
120 p. 15 €

Thierry Paquot

Philosophe, professeur à l'Institut d'urbanisme de Paris, il est spécialiste des questions urbaines et architecturales, et participe activement au débat sur la ville et ses transformations actuelles. Thierry Paquot a beaucoup contribué à diffuser l'oeuvre d'Ivan Illich en France (voir sa préface à Ivan Illich, La Découverte, 2012), et poursuit ses explorations philosophiques du lien entre nature,…

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Comment écrire l’histoire des marges ? Cette question traverse l’œuvre de Michel de Certeau, dans sa dimension théorique, mais aussi pratique : Certeau ne s’installe en effet dans aucune discipline, et aborde chaque domaine en transfuge, tandis que son principal objet d’étude est la façon dont un désir fait face à l’institution. À un moment où, tant historiquement que politiquement, la politique des marges semble avoir été effacée par le capitalisme mondialisé, l’essor des géants du numérique et toutes les formes de contrôle qui en résultent, il est particulièrement intéressant de se demander où sont passées les marges, comment les penser, et en quel sens leur expérience est encore possible. Ce dossier, coordonné par Guillaume Le Blanc, propose d’aborder ces questions en parcourant l’œuvre de Michel de Certeau, afin de faire voir les vertus créatrices et critiques que recèlent les marges. À lire aussi dans ce numéro : La société française s’est-elle droitisée ?, les partis-mouvements, le populisme chrétien, l’internement des Ouïghours, le pacte de Glasgow, le tombeau de Proust et se donner du temps à Fontainhas.