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Flux d'actualités

Serve the People. Un film érotico-politique en Corée du Nord

Alors que les tensions s'intensifient entre Corée du Nord et Corée du Sud, le réalisateur coréen Jang Cheol-soo propose, avec Servir le peuple, un long-métrage érotico-politique qui croise exploration esthétique du désir et réflexion sur le pouvoir. La passion y est mise en scène dans ce qu'elle a de transgressif, en ce qu'elle est un refus ou une subversion des idéologies et des institutions militaires.

Alors que la situation entre la Corée du Nord et la Corée du Sud recommence à se tendre, un film sud-coréen adapte le sulfureux roman chinois Servir le peuple de Yan Lianke en le transposant intelligemment en Corée du Nord1. Entre L’Amant de Lady Chatterley et L’Empire des sens, le film signé Jang Cheol-soo, ancien assistant du célèbre Kim Ki-duk, réinvestit le genre érotico-politique, genre périlleux et délaissé en Corée depuis le chef d’œuvre de Jang Sun-woo, Fantasmes, en 1999. 

Le zèle et la passion

La transposition du roman de la Chine maoïste vers une Corée du Nord intemporelle se fait subtilement. Un peu à la manière des films politiques de Costa-Gavras ou plus récemment la série française Kim Kong (Simon Jablonka et Alexis Le Sec, 2016), on devine une volonté de ne pas citer clairement le pays où se déroule cette passion amoureuse subversive. Pourtant, tous les signes sont clairs : il s’agit d’un État dit socialiste, dominé par des mots d’ordre comme « servir le peuple » et farouchement militarisé à tous les niveaux de la société.

Dans un premier temps, si leur uniforme rappelle l’armée populaire maoïste, le fait que les protagonistes parlent coréen sans forcer l’accent nordiste actuel laisse penser à des bataillons coréen

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Antoine Coppola

Réalisateur et maître de conférence à l’université Sungkyunkwan de Séoul, il est l’auteur de Le cinéma asiatique (L’Harmattan, 2004). Voir son article « Cinéma et agitation sociale en Corée du Sud » (www.esprit.presse.fr, le 5 avril 2017).