éditions du Montparnasse
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Filmer les vivants : Yiddish


juillet 2020

Un des propos de Yiddish est d’identifier cette langue comme une culture en soi, bien que ne possédant pas de pays et dotée d’un vocabulaire en grande majorité emprunté à l’allemand.

En commençant chacune des séquences de son documentaire par un plan montrant la personne interviewée marchant dans les rues de sa ville avant de rentrer chez elle, Nurith Aviv évite deux clichés, deux écueils souvent invoqués par les intervenants. Le premier, celui d’une langue morte disparue avec la Shoah, est évacué par le contenu même du film : aujourd’hui encore, des jeunes gens, juifs ou simples curieux, l’étudient, à Berlin, Paris ou Tel-Aviv, l’enseignent, publient des revues scientifiques (Raphaël Koenig, membre du comité de rédaction d’In geveb: A Journal of Yiddish Studies), organisent des congrès et des rencontres à son sujet (Tal-Hever Chybowski, premier intervenant, fondateur de Mikan ve’eylakh, revue d’hébreu diasporique). 


Le second, le relatif mépris envers une langue au mieux comique, un simple jargon sans haute culture qui, comme l’indique le poète et traducteur israélien Dory Manor dans son entretien, pouvait faire honte aux jeunes générations qui l’entendaient dans la bouche de leurs aïeuls, se trouve contredit par les superbes poèmes que récitent les sept chercheurs filmés, aussi élégiaques, empathiques ou mélancoliques que ceux d’autres cultures. Bi

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