Minouk Lim, Si tu me vois, je ne te vois pas, 2019. Courtesy de l’artiste et Tina Kim Gallery, New York. Photo Jean-François Bouthors.
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La Biennale de Lyon piégée par la démesure

septembre 2019

Faut-il que l’art soit massif pour être populaire ?

Pour sa quinzième édition, sous le titre Là où les eaux se mêlent[1], emprunté au poète américain Raymond Carver, la Biennale de Lyon a quitté la Sucrière pour les anciennes usines Fagor (tout en se déployant également dans plusieurs autres lieux, comme lors des éditions précédentes, notamment au Musée d’art contemporain, dans les locaux de l’Institut d’art contemporain de Villeurbanne ou au couvent dominicain de La Tourette qui accueille des œuvres d’Anselm Kiefer). Ce faisant, elle abandonne un espace de quelque 6 000 m² pour un autre de 29 000 m². Sous la direction artistique d’Isabelle Bertolotti, directrice du Mac de Lyon, une équipe de sept curateurs venus du Palais de Tokyo, attentifs aux artistes émergents des quatre coins de la planète – ils en ont encore fait avec talent la démonstration avec l’exposition Prince·sse·s des villes cet été – devait relever le défi de ce changement non seulement de lieu mais d’échelle.

Le résultat est mitigé. Le plus réussi est sans doute ce que le public percevra le moins : l’implication de plusieurs entreprises de la région dans la production des œuvres, dont

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Jean-François Bouthors

Editeur, journaliste et écrivain, il est l’auteur de plusieurs livres, dont La Nuit de Judas (l’Atelier, 2008), Paul le Juif (Parole et Silence, 2011), Délivrez-nous de "Dieu". De qui donc nous parle la Bible ? (Médiaspaul, 2014), Comment Poutine change le monde (François Bourin, 2016), Nous, Français (L’Observatoire, 2018) et, avec Jean-Luc Nancy, Démocratie ! Hic et nunc (François Bourin, 2019).…