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Vue d’exposition © CENTRE POMPIDOU Bertrand Prévost. Au centre : Modell für eine Skulptur [Modèle pour une sculpture], 1979-1980. Bois de tilleul et tempera, 178 × 147 × 244 cm. Museum Ludwig, Cologne. Prêt de la Peter und Irene Ludwig Stiftung, 1985. © G
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Georg Baselitz : la peinture comme un soulèvement

Rétrospective au Centre Pompidou jusqu’au 7 mars 2022

La rétrospective que consacre le Centre Pompidou à Georg Baselitz permet de faire une entrée saisissante dans l'œuvre de cet artiste résolument anachronique, en marge de tout mouvement ou de toute affiliation disciplinaire. Marqué par la violence crue de la guerre et la séparation de l'Allemagne, Baselitz a proposé une peinture profondément hostile à toute forme d'aliénation.

« Les poètes lèvent encore les MAINS. » « Le blasphème est en nous. » « Vous voyez dans mes yeux… » « Je suis envahi, gonflé, boursouflé de souvenirs… » Ces quelques phrases sont tirées du texte signé par Georg Baselitz, qui les a soulignées, dans la première version d’Erstes Pandämonisches Manifest, le «  Premier manifeste pandémonique  » qu’il rédigea et publia avec Eugen Schönebeck, pour annoncer leur première exposition, dans un appartement abandonné mis à leur disposition par la mairie de Berlin-Ouest en novembre 1961. Le titre de ce texte, qui se réfère plusieurs fois à Antonin Artaud, fait écho au poème de John Milton, Paradise Lost (« Paradis perdu », 1667), dans lequel le Pandæmonium est le palais de Satan. Il y a plus que de la révolte dans cette proclamation principielle. La première phrase insiste sur l’idée que les créateurs n’ont pas dit leur dernier mot. La deuxième affirme que non seulement ils n’ont pas peur de déranger, mais qu’ils sont habités par ce qui dérange et que l’on voudrait taire autour d’eux. La troisième pose que l’artiste offre à voir ce vers quoi il tourne son regard, et que le spectateur découvre ce que ses propres yeux ne voient pas ou se refusent à voir… La quatrième dit le poids du passé dont il n’est ni possible ni souhaitable de s’affranchir. Tout l’œuvre de G

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Jean-François Bouthors

Éditeur, journaliste et écrivain, il est l’auteur de plusieurs livres, dont La Nuit de Judas (l’Atelier, 2008), Paul le Juif (Parole et Silence, 2011), Délivrez-nous de "Dieu". De qui donc nous parle la Bible ? (Médiaspaul, 2014), Comment Poutine change le monde (François Bourin, 2016), Nous, Français (L’Observatoire, 2018) et, avec Jean-Luc Nancy, Démocratie ! Hic et nunc (François Bourin, 2019).…