Maurice Blanchot | Crédits : Cahier Blanchot ; www.editionsdelherne.com
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Le courage de l’erreur

Face au courage de la vérité, l’idéologie de la transparence, promue par les réseaux sociaux, confond le privé et le public, ainsi que le médiat et l’immédiat. Il faut donc plutôt défendre, avec Blanchot, le courage de l’erreur qui, sans autorité, nous lie à l’autre.

Aujourd’hui, à l’ère de la post-vérité, une information de toute évidence fausse peut circuler sans entraves et influencer le cours du monde. Ce n’est peut-être pas tant le reflet d’une propension au mensonge que celui de notre rapport au langage et de la façon dont ce dernier nous constitue comme sujets – ou nous destitue de notre condition de sujets. Qu’on puisse se désintéresser de ce qui est vrai et faux, qu’on puisse même prendre pour vrai ce qui est de toute évidence faux, n’est peut-être pas tant un problème épistémologique qu’un problème éthique, relatif à la question de savoir quels types de sujets le langage rend possibles.

Le courage de la vérité

La recherche de la vérité n’est pas seulement une affaire théorique, abstraite de la situation particulière des sujets. C’est avant tout une affaire éthique qui contribue à la formation des sujets. Pour rechercher la vérité, il faut être un « soi », se détacher des influences externes, faire l’épreuve d’une certaine solitude.

Ainsi la pratique socratique du questionnement, dans la mesure où elle se vide de toute certitude (« Je sais seulement ne pas savoir »), contribue-t

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Aïcha Liviana Messina

Professeure de philosophie à l’université Diego Portales au Chili, auteure de Poser me va si bien (P.O.L, 2005), Amour/Argent (Les éditions du Portiques, 2011), L’anarchie de la paix (Cnrs, à paraître en novembe 2018).

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Peut-on sortir de diagnostics rapides et univoques dès lors qu'il est question de populisme ? Si le mot est partout, sa définition et les jugements qu'il invite sont rarement mis en débat. En s'appliquant à redonner au populisme une profondeur historique, culturelle et théorique, ce dossier, coordonné par Arthur Borriello et Anton Jaëger, demande ce que ce phénomène révèle des dysfonctionnements de la démocratie. À lire aussi dans ce numéro : Notre-Dame dans la littérature, le rapport entre langage et vérité et les voyages d’Albert Camus.