André Lange, Kirill Razlogov, Antonin Liehm, Michel Ciment (Festival des films interdits, Moscou, janvier 1991) | Miroirmagique via Wikimédia (CC BY-SA 4.0)
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Antonín Liehm : la culture européenne pour oxygène

La disparition d’Antonin Liehm, en fin d’année 2020, est l’occasion de revenir sur cette figure déterminante du « printemps de Prague ». Journaliste, écrivain, il fut un passeur de la culture française en Tchécoslovaquie, ainsi qu’un animateur de la vie culturelle en Europe occidentale, grâce à la revue Lettre internationale.

Antonín Jaroslav Liehm (ou AJL) est né le 2 mars 1924 à Prague, où il est décédé le 4 décembre 20201. En Europe centrale, la traversée du siècle dernier a été marquée par des ruptures et des drames collectifs et individuels à répétition. C’est ainsi que la génération d’AJL a été frappée par le choc de Munich et d’une occupation de six années qui explique le ralliement d’une partie des jeunes gens de l’époque au communisme. Dans les trajectoires évoquées par Antonín Šnejdárek, professeur d’histoire à la Sorbonne, Karel Bartošek, historien au CNRS, Ivo Fleischmann, poète et conseiller culturel, ou Antonín Liehm, tous finalement exilés en France, cette expérience a été déterminante, l’appartenance à la petite bourgeoisie tchèque de la majorité d’entre eux n’ayant pas été un frein à cet engagement initial de 1945, voire à une participation plus ou moins active aux excès du stalinisme. Ils se sont ensuite expliqués diversement sur cet engagement, hésitant parfois à le répudier, quels qu’aient pu être

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Antoine Marès

Professeur des universités, Antoine Marès a enseigné l'histoire de l'Europe centrale à l'Inalco et à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il a dirigé le Centre français de recherche en sciences sociales (Prague) et  l'Institut d'études slaves (Paris). Actuellement président de la revue Relations internationales et de l'Institut d'histoire des relations internationales, il a récemment publié, à…

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On oppose souvent science et croyance, comme si ces deux régimes de discours n’avaient rien de commun. Pourtant, l’expérience nous apprend que c’est généralement quand l’un des deux fait défaut que l’autre subit une crise. Dans le contexte pandémique actuel, l’incapacité des experts et des gouvernants à rendre compte dans l’espace public des conditions selon lesquelles s’élaborent les vérités scientifiques, aussi bien qu’à reconnaître la part de ce que nous ne savions pas, a fini par rendre suspecte toute parole d’autorité et par faciliter la circulation et l’adhésion aux théories les plus fumeuses. Comment s’articulent aujourd’hui les registres de la science et de la croyance ? C’est à cette question que s’attache le présent dossier, coordonné par le philosophe Camille Riquier, avec les contributions de Jean-Claude Eslin, Michaël Fœssel, Bernard Perret, Jean-Louis Schlegel, Isabelle Stengers. À lire aussi dans ce numéro : l’avenir de l’Irak, les monopoles numériques, les enseignants et la laïcité, et l’écocritique.