Portrait de Axel Honneth | DR
Dans le même numéro

Coopérer face à la crise

entretien avec

Axel Honneth

Pour le philosophe allemand, la crise sanitaire a révélé l’importance démocratique d’un débat public ouvert et rationnel, d’un système de santé solide et du fédéralisme européen.

La crise du coronavirus montre que le pouvoir et la décision politiques ont été confrontés à un contexte d’incertitude que la connaissance médicale n’a complètement pas permis de réduire. Avouer publiquement que l’on ne sait pas tout d’une maladie et de ses effets sociaux, est-ce une marque d’imperfection ? Ou cela peut-il devenir une vertu dans des sociétés démocratiques, précisément parce qu’elles accueillent l’incertitude de manière positive ?

Ces derniers mois, la manière dont les gouvernements ont géré la crise du coronavirus est devenue un indicateur de la qualité démocratique d’un système politique : plus un gouvernement exprime ses difficultés à contrôler la crise de manière ouverte, publique et rationnelle, plus il manifeste son potentiel démocratique. Cependant, cet épisode ne révèle pas tant une polarisation entre systèmes autoritaires et systèmes démocratiques qu’une hiérarchie graduée avec de nombreux niveaux intermédiaires : plus les experts médicaux et les responsables de santé publique sont autorisés à exprimer leurs préoccupations, inquiétudes et propositions publiquement, avec le soutien du gouvernement,

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

Axel Honneth

Philosophe et sociologue, professeur à l'université J.W Goethe (où il a succédé à Jürgen Habermas), Axel Honneth est directeur de l'Institut pour la recherche sociale.

Dans le même numéro

La crise sanitaire provoquée par l’épidémie de Covid-19 donne de la vigueur aux critiques de la démocratie. Alors que certains déplorent l’inertie de la loi et que d’autres remettent en cause les revendications sociales, le dossier, coordonné par Michaël Fœssel, répond en défendant la coopération, la confiance et la délibération collective. À lire aussi dans ce numéro : les régimes d’historicité, le dernier respirateur, le populisme américain et l’œuvre de Patrick Modiano.