Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !

© Éditions Fayard
Dans le même numéro

Marc Fumaroli

La littérature ou le « bonheur d’admirer »

décembre 2020

La disparition récente de Marc Fumaroli est l’occasion de revenir sur la vie et l’œuvre de cet académicien, critique littéraire et historien de premier rang, qui voyait dans l’héritage classique de la langue française et dans le plaisir de la conversation les principes d’une sociabilité heureuse.

« Malgré Jupiter même et les temps orageux1. »

«  Le goût académique aujourd’hui est devenu trop rare pour ne pas être tenu pour une grande vertu ». Ce satisfecit malicieux accordé à une institution qui fut souvent en délicatesse avec les Modernes dit le scepticisme qu’inspirait à Marc Fumaroli un paysage littéraire contemporain trop souvent subordonné à l’appel d’air médiatique d’une « culture de masse ensauvagée » et à ses têtes d’affiche. Il y a certes dans ce jugement sévère le « parti pris2 » éthique, esthétique et politique d’un historien de la culture classique qui sait – et qui a démontré, immenses travaux à l’appui – comment la France est devenue cette « nation littéraire » qui, longtemps, a détenu la maîtrise de la longue mémoire européenne. Mais l’on sait aussi que l’académicien, à l’instar de ces jésuites mondains dont il admirait la brillante efficacité à humer l’air du temps, était soucieux de rester arrimé à son époque, soucieux de lui insuffler une énergie à même de lutter contre les « passions tristes » dont il voyait la source dans cette « crispation qui fait de nous des héritiers ombrageux ou malheureux ». Après tout, c’est lui qui a été à l’initiative de la récente entrée à l’Académie française de la très médiatique philosophe

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

Cécilia Suzzoni

Professeure honoraire de chaire supérieure au Lycée Henri IV, Cécilia Suzzoni est la fondatrice et présidente d'honneur de l'Association le latin dans les littératures européennes (ALLE). Elle a notamment dirigé, avec Hubert Aupettit, l'ouvrage Sans le latin (Fayard, 2012)

Dans le même numéro

Source d’inquiétude autant que de fascination, la Chine continue de représenter une énigme. Le socialisme « aux couleurs de la Chine » conjugue en effet un capitalisme sauvage avec un pouvoir centralisé dans une synthèse politique inédite. Le dossier explore le nouveau souverainisme, le pouvoir numérique, le rapport aux minorités et la gestion de l’épidémie. À lire aussi : projet de danger perpétuel, du fanatisme à la radicalité, la dissidence discrète de Marc Fumaroli, pour une philosophie de la préhistoire et la controverse Kundera.