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La vieillesse et l'amour du monde

Entrer dans une relation de soin avec une personne âgée suppose de renverser nos représentations sur l'âge et de valoriser les capacités. Si la médecine apprend à respecter l'autonomie morale des patients, elle doit aussi enrichir sa conception de l'autonomie pour comprendre comment respecter la dignité des personnes en situation de dépendance.

« C’est le sens que les hommes accordent à leur existence, c’est leur système global de valeurs qui définit le sens et la valeur de la vieillesse. Inversement : par la manière dont la société se comporte avec ses vieillards, elle dévoile sans équivoque la vérité – souvent soigneusement masquée – de ses principes et de ses fins. »

Simone de Beauvoir, la Vieillesse, Paris, Gallimard, [1970] 2009, p. 96.

Vieillir, c’est prendre de l’âge. Le vieillissement échappe à notre volonté et renvoie à la passivité du vivant. Le temps ne relève plus de notre initiative ni d’une action qui vise une fin mais nous impose l’expérience d’une passivité. Le vieillissement est même, pour Levinas, le modèle de la synthèse passive1 : la conscience ne constitue pas le temps, qui advient comme retard. Le vieillissement est le contraire de l’intentionnalité2. Il est patience : il s’agit de subir, de reconnaître que « cela se passe3 ». Il est « un effort de présen

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Corine Pelluchon

Spécialiste de philosophie morale et politique et d'éthique appliquée Corine Pelluchon est professeure de philosophie à l'Université Paris-Est-Marne-La-Vallée. Elle a récemment publié Ethique de la considération (Seuil, 2018).

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