Heinz-Christian Strache, Flickr
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Droite et extrême droite à Vienne

juil./août 2019

Cette nuit de juillet 2017, à l’approche des législatives, Heinz-Christian Strache est à son aise. Confortablement installé dans une villa sur les hauteurs d’Ibiza, le leader de la ­Freiheitliche Partei Österreichs (F), le « Parti de la liberté autrichien », d’extrême droite, se surprend à rêver à haute voix d’une trajectoire fulgurante vers le pouvoir plein et entier. Maniant à merveille le savoureux dialecte viennois, qui permet si bien de mêler bonhomie et violence rentrée, Strache se confie à une jeune femme assise non loin de lui. Celle-ci lui a fait croire qu’elle est la nièce d’un oligarque russe désireux d’investir en Autriche et de soutenir le F.

Strache ignore qu’il est filmé à son insu pendant les six heures que dure leur entretien. À ses côtés se tient un autre responsable du F, Johann Gudenus, russophone et admirateur du président Vladimir Poutine. Si l’on se souvient des liens assumés entre le F et « Russie unie », le parti de Poutine, il est difficile de comprendre comment Strache a pu tomber dans un piège aussi grossier. Et au moment

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Danny Leder

Correspondant du quotidien autrichien Kurier.

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