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Les États-Unis en Irak : la stratégie reste, les finalités se dissipent

Comme par hasard, l’audition du général Petraeus (commandant des forces américaines en Irak) et de l’ambassadeur à Bagdad, Ryan Crocker, devant la Chambre des représentants sur la situation politique et militaire sur place et le rythme du retrait des troupes américaines eut lieu le 11 septembre, six ans après les attentats d’Al-Qaida. En attendant ce rapport, le président avait réussi à tenir en échec la nouvelle (et faible) majorité démocrate, incapable, au cours de la période estivale, d’activer une opinion fatiguée et découragée par l’aventure irakienne dont elle ne voit plus le bout. Les fins poursuivies changent constamment alors que l’issue de la guerre recule d’année en année. George Bush en a même profité pour passer à l ‘attaque. Alors que ses adversaires comparaient l’embourbement en Irak à celui du Vietnam, le président rappelait que la retraite précipitée du Vietnam avait ajouté de nouveaux mots au vocabulaire politique américain – boat people vietnamiens et killing fields cambodgiens ! Cette rhétorique, accompagnée d’une invocation répétée de l’omniprésente menace terroriste, ne relève pas de la simple tactique politicienne ; elle fait partie de la stratégie à plus long terme du parti républicain.

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Dick Howard

Professeur de sciences politiques aux Etats-Unis, il connaît bien l'Allemagne et la France, d'où un travail de médiation philosophique entre les trois pays, qui porte notamment sur les héritages du marxismes entre l'Europe et l'Amérique, mais aussi les débats et les malentendus transatlantiques. Il a notamment publié en Français, Aux Origines de la pensée politique américaine, Paris,…

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