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Photo : Vardan Papikyan via Unsplash
Photo : Vardan Papikyan via Unsplash
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Le commerce comme arme

Les sanctions économiques dirigées contre la Russie après l’agression de l’Ukraine auront-elles une efficacité ? Le doux commerce peut présenter une alternative heureuse à la guerre, à condition que l’interdépendance économique soit suffisante pour le rendre dissuasif, et qu’il ne soit pas laissé aux mains d’un État ou d’une entreprise en situation de monopole.

La rapidité et l’ampleur des sanctions économiques envers la Russie, après sa brutale agression sur l’Ukraine, ont surpris. L’autarcie imposée brutalement de l’extérieur est un choc sévère pour la population russe. Si les sanctions ne suffiront sans doute pas pour que cesse l’invasion, elles obligent à voir autrement, pour l’avenir, la relation entre la force militaire et la force économique dans la résolution des conflits. Dans quelles conditions les sanctions sont-elles dissuasives et permettent-elles un ordre international plus pacifique ? La réponse, moins triviale qu’il n’y paraît, est qu’il faut davantage d’intégration commerciale afin que le risque d’être coupé de liens extérieurs pousse à un comportement « amical » des pays.

Une efficacité contestée

Les sanctions économiques ont une longue histoire, mais ce n’est que depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale qu’on y songe, non plus seulement comme une arme à utiliser en cas de guerre1, mais comme moyen de pression pour éviter la guerre. La France et l’Allemagne, par exemple, avaient commercé comme si de rien n’était jusqu’au matin de la déclaration de guerre de 1939, même si l’État nazi avait pris soin, dans les années qui précédaient, de réduire fortement son commerce extérieur avec ses potentiels ennemis. Et ce n’est qu’après cette guerre que les États-Unis les ont utilisées, à Cuba, en Iran, en Corée du Nord ou au Venezuela. La

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François Meunier

Économiste, chroniqueur, professeur associé à ENSAE Paris Tech, animateur du site Vox-Fi, il a notamment publié Comprendre et évaluer les entreprises du numérique (Eyrolles/Institut Messine, 2017).

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Patrimoines contestés

Depuis la vague de déboulonnage des statues qui a suivi l’assassinat de George Floyd, en mai 2020, la mémoire et le patrimoine sont redevenus, de manière toujours plus évidente, des terrains de contestation politique. Inscrire ces appropriations de l’espace urbain dans un contexte élargi permet d’en comprendre plus précisément la portée : des manifestations moins médiatisées, comme l’arrachement de la statue d’un empereur éthiopien en Grande-Bretagne, ou touchant à des strates d’histoire inattendues, comme la gestion de la statuaire soviétique, participent d’une même volonté de contester un ordre en dégradant ses symboles. Alors qu’une immense statue célébrant l’amitié russo-ukrainienne vient d’être démontée à Kiev, le dossier de ce numéro, coordonné par Anne Lafont, choisit de prendre au sérieux cette nouvelle forme de contestation, et montre que les rapports souvent passionnés que les sociétés entretiennent avec leur patrimoine ne sont jamais sans lien avec leur expérience du conflit. À lire aussi dans ce numéro : l’histoire, oubli de l’inconscient ?, le prix de l’ordre, pour une histoire européenne, les femmes dans l’Église, les réfugiés d’Ukraine et nos mélancolies secrètes.