Le Benedicite, estampe appelée aussi La Sainte Famille · The Metropolitan Museum of Art · Jacques Callot (1592 1635) · Domaine public
Le Benedicite, estampe appelée aussi La Sainte Famille · The Metropolitan Museum of Art · Jacques Callot (1592–1635) · Domaine public

Le mariage chaste. Comment l’Église catholique a perdu la famille

Alors que la doctrine de l’Église en matière de morale sexuelle et familiale a longtemps été cohérente avec une réalité sociale majoritaire, elle est aujourd’hui en décalage complet et revendiqué. Au mouvement général de diversification du modèle familial, l’Église catholique a opposé des refus en série.


Fin 2012-début 2013, lors des « manifestations pour tous » contre le mariage entre personnes de même sexe, le dessin stylisé d’un homme et d’une femme tenant chacun la main d’un de leurs deux enfants (un garçon et une fille, bien sûr, en bleu et rose) est devenu, sous forme de calicots, de frises ou d’autocollants, le symbole du véritable et seul mariage, celui qui unit un père de sexe masculin et une mère de sexe féminin, engendrant naturellement des enfants1. Selon ce modèle, le mariage est aussi la source de la seule vraie famille selon l’Église. Sa définition, son rôle et sa fin ont été fixés en 1930 par l’encyclique Casti Connubii (sur le « mariage chaste ») du pape Pie XI, ainsi que par les enseignements ultérieurs des papes Pie XII, Paul VI, avec l’encyclique Humanæ Vitæ portant notamment sur la pilule contraceptive (1968), et Jean-Paul II. Sans oublier le Catéchisme de l’Église catholique (1992), véritable « cathédrale gothique », « éternellement anachronique » selon le propos ironique d’un théologien protestant2.

Famille sainte dans une société dépravée

On peut résumer cette conception comme suit3. Fondé sur la différence biologique des sexes, l’acte sexuel « honnête » ne peut avoir qu’une seule visée : la fondation d’une famille, avec la procréation d’enfants et leur éducation. Cela implique que, dans le « chaste mariage », les autres fins, comme le plaisir mutuel de l’amour charnel, sont secondaires. En tant que sacrement, le mariage est une union humaine, librement consentie et contractée, mais aussi une institution divine, indissoluble, soumise à des « lois  » interprétées par l’Église, qu’il n’appartient à personne de changer4. Ces lois sont la fidélité absolue à l’autre, une amitié qui illumine la « société domestique », un amour conjugal qui élève mutuellement l’âme, bien « plus haut » que le désir charnel, pour aller « vers l’homme intérieur ». Tout acte sexuel devant être ouvert à la reproduction du « genre humain », toute forme de contraception doit être condamnée (en particulier, à l’époque, le coït interrompu), de même que l’avortement. C’est une doctrine sévère, le pape l’admet, mais il invite les époux à exercer, chacun pour sa part, aidé par la grâce de Dieu, les renoncements nécessaires – non sans rappeler « la primauté du mari sur sa femme et ses enfants, et la soumission empressée de la femme ainsi que son obéissance spontanée ».

Par la suite, Pie XII met davantage l’accent sur la famille comme telle, si possible nombreuse, en tant que « chose sacrée », tout en autorisant une certaine régulation des naissances par des méthodes dites naturelles, et même un droit au plaisir sexuel, maintenu dans « une juste modération ». La virginité, rappelle cependant Pie XII, reste supérieure au mariage. Jean-Paul II confirme la doctrine de la famille et du mariage, l’inscrivant plus largement dans une « théologie du corps » propre, avec une insistance particulière sur la vocation spécifique de la femme : il exalte son rôle dans l’Église et la société, mais refuse définitivement son accès au sacerdoce, c’est-à-dire l’égalité du pouvoir religieux entre les hommes et les femmes.

Ajoutons que si, au xixe siècle, la dénonciation des droits de l’homme et des libertés démocratiques est assortie de déclarations apocalyptiques sur l’anarchie inévitable qui résulterait de leur instauration, pratiquement toutes les interventions des papes du xxe siècle sur le mariage et la famille dénoncent la ruine de l’ordre moral en cours, la morale pervertie, la dégradation des mœurs et les libertés honteuses. Il faut cependant se garder de tout anachronisme : ce discours, qui nous paraît aujourd’hui incompréhensible, correspondait aussi, jusque dans les années 1960, à un état des mentalités dans toute la société, même dans des milieux laïques. Pour l’Église catholique, c’est seulement à partir de l’encyclique Humanæ Vitæ qu’un véritable tournant s’amorce : la morale sexuelle intransigeante de l’Église catholique ne recueille plus que l’assentiment d’une minorité, souvent proche du traditionalisme.

Le refus décisif d’Humanæ Vitæ

Publiée le 25 juillet 1968, l’encyclique de Paul VI Humanæ vitæ, interdisant la pilule contraceptive, suscite un tollé inédit dans le monde, même chez les non-catholiques5. L’ampleur de la réaction dans une Église où l’obéissance fait partie des vertus cardinales peut s’expliquer par la déception face à une décision que l’on espérait positive parce qu’elle paraissait évidente, mais aussi par la faible crédibilité de l’argument essentiel, le respect de la loi naturelle. Ce dernier entrerait dans « l’intention créatrice de Dieu » et s’exprimerait dans les lois de la biologie, lesquelles fixent « des rythmes naturels de la fécondité6 ». Après les ouvertures du concile Vatican II (terminé en 1965) et la célébration de la liberté de Mai 68, on espérait à l’inverse une réponse enfin positive de l’Église et la permission de remplacer des méthodes naturelles de contraception, autorisées par l’Église mais non fiables, par une méthode sûre et simple : celle que proposait la pilule contraceptive, autorisée en France six mois auparavant, en décembre 1967.

Mais la colère contre Humanæ Vitæ est sans doute due aussi aux transformations de la vie matérielle durant les Trente Glorieuses, en particulier l’explosion de l’activité féminine, qui entraînent d’importantes contraintes dans la vie familiale et intime. Comment les femmes catholiques auraient-elles pu accepter sans broncher le rappel, fût-ce avec des mots un peu nouveaux, de la doctrine catholique traditionnelle7 ? En 1968, un tel enseignement était devenu inaudible. De fait, des enquêtes réalisées dans les années 1980 montrent que les femmes catholiques sont plus de 80 % à prendre la pilule sans états d’âme. Et, aujourd’hui, quelles jeunes femmes catholiques – en dehors de la frange traditionaliste – savent encore que cette interdiction n’a jamais été levée ?

Face à Humanæ Vitæ, les jeunes catholiques nés après la guerre, mais aussi les générations adultes qui ont connu l’Église d’avant Vatican II, auraient pu reprendre le jugement d’Irène Théry sur « ces vingt glorieuses de la famille légitime, marquées par la partition stricte des rôles sexués, la hiérarchie des époux dans le mariage, la puissance paternelle sur les enfants, l’interdiction de l’avortement et de la contraception, les familles nombreuses, la divorcialité rare et stigmatisée, la séparation des filles et des garçons du cours préparatoire à l’université, le flirt des jeunes gens en cachette et dans la hantise d’une grossesse non voulue, l’homosexualité pathologisée et enfermée dans le secret, et l’omerta sur les violences sexuelles exercées par des proches8 ». À ces croyances et pratiques, encore partagées par l’ensemble de la société jusqu’au début des années 1960, un catholique aurait pu ajouter la morale sexuelle rigoriste de l’Église, apprise au catéchisme : les péchés sexuels (commis dès l’enfance), tous « mortels », sont placés au sommet de la hiérarchie des péchés, et ceux qui les commettent doivent s’attendre à encourir une condamnation sans miséricorde lors du Jugement dernier. La confession est alors largement occupée par l’aveu de ces péchés. Or, peu après le concile Vatican II, on assiste à une chute de la fréquentation du confessionnal9. Pour des raisons théologiques et spirituelles, mais aussi sociologiques, l’Église peut le regretter : le « sacrement de la pénitence  » est aussi pour elle un moyen de connaissance des comportements sexuels et une incitation à l’observance de ses préceptes en matière familiale. De plus, dans une enquête de l’Ifop de septembre 1968, à la question de savoir si l’encyclique change leur attitude face à la contraception, 91 % des 15-24 ans répondent « non » (contre 6 % de « oui »). Dans un sondage contemporain auprès de 2 500 personnes, plus de 83 % des hommes et 79 % des femmes affirment que Humanæ Vitæ ne leur pose « aucun problème de conscience »10. Comment penser que les utilisatrices de la pilule vont confesser une faute qu’elles n’ont pas le sentiment de commettre ?

Si Humanæ Vitæ déclenche, en interne, de vives discussions théologiques sur la loi naturelle, l’encyclique contribue paradoxalement à saper, au sein du peuple catholique, l’autorité et la crédibilité de la parole de l’Église en matière de contrôle des naissances. En effet, l’Église a rapidement perdu son emprise sur les conduites sexuelles et donc sur le gouvernement moral de la vie conjugale et familiale des catholiques. Ainsi, dès la fin des années 1960, les relations préconjugales s’imposent, y compris chez les jeunes catholiques. Au début, la « cohabitation juvénile » avant le mariage suscite l’émoi des parents (même non catholiques), avant de se banaliser et d’être absorbée dans l’union libre.

Son importance n’en suscite pas moins une réaction vaticane en 1976, dans une déclaration, aujourd’hui oubliée, de la Congrégation pour la doctrine de la foi « sur certaines questions d’éthique sexuelle ». Persona Humana condamne les relations préconjugales, la masturbation et l’homosexualité : ces conduites, marques d’une société dépravée qui exalte le sexe et se livre à « un hédonisme licencieux », ne s’opposent-elles pas toutes, fût-ce différemment, à la « finalité de la fonction spécifique de l’acte sexuel » – la procréation ? En dehors des cercles les plus traditionnels, ce texte est, une fois encore, mal accueilli et souvent tourné en dérision en raison de la disparité des questions et des arguments avancés. Mais la conséquence sociologique en est le départ silencieux de beaucoup parmi celles et ceux qui se trouvaient en désaccord à propos de la discipline cléricale de l’intimité : on a parlé de l’« exode » de féministes, d’homosexuels, de jeunes, de divorcés remariés ou non, et de toutes sortes de personnes se sentant exclues par l’orthodoxie morale de l’Église11. Marqués par le principe d’autonomie et de libre choix dans leur vie privée, ces catholiques n’acceptent plus de rester dans une Église qui pratique la compassion ou la main tendue pour le pardon, mais qui reste intransigeante en matière sexuelle – même si elle fait de plus en plus la différence entre les actes jugés répréhensibles et les personnes12.

La famille selon la Manif pour tous

L’Église est donc passée, au tournant des années 1960, d’une position assez cohérente avec les réalités sociales majoritaires en matière de morale sexuelle et familiale à une situation de décalage complet et revendiqué comme tel. Les sciences humaines et sociales avaient pourtant depuis longtemps éclairé les multiples raisons et conséquences de ce qu’Irène Théry a si justement appelé le « démariage13 ». Ce dernier déconstruit, à la fin des années 1970, la famille nucléaire et bourgeoise, tout en la reconstruisant, par le droit, ou les droits, dans ce qu’on a appelé la « société des droits ».

L’Église est passée d’une position assez cohérente avec les réalités sociales majoritaires en matière de morale sexuelle et familiale à une situation de décalage complet et revendiqué comme tel.

En effet, le démariage n’a pas détruit l’institution familiale, sa valeur, ni le désir d’en faire partie ou d’en fonder une. Dans les enquêtes européennes sur les valeurs, la famille vient en premier (avant le travail, les loisirs, la religion et la politique), mais avec l’incertitude sur ce qu’elle devient et le sentiment que chacun doit trouver son propre modèle : « L’institution familiale demeure, mais ses formes changent. Les normes familiales ne se présentent plus comme des prescriptions. Plus imperceptibles, elles s’apparentent à des conseils, recommandations, persuasions et empruntent des voies inédites. […] En ce sens, la famille reste une institution : elle est un système de normes qui rend possible le “vivre ensemble” au sein du groupe familial14. »

À ce mouvement de recomposition et de diversification du modèle familial, sans que la famille ne cesse d’être reconnue et désirée, l’Église catholique a opposé des refus en série : refus de la pilule contraceptive par l’encyclique Humanæ Vitæ en 1968, du divorce par consentement mutuel en 1974, de la loi Veil autorisant l’interruption volontaire de grossesse en 1975, de la fécondation in vitro et de la procréation médicalement assistée (PMA) dans l’instruction Donum Vitæ en 1987, du pacte civil de solidarité en 1999, jusqu’à l’opposition au mariage et à l’adoption pour tous, liée à la crainte qu’ils conduisent à l’extension de la PMA et à la gestation pour autrui, associée à une marchandisation de la procréation – une crainte désormais confirmée pour la PMA.

Mais les promoteurs du dessin utilisé par la Manif pour tous se sont-ils rendu compte qu’il renvoyait à un modèle familial historiquement situé et « genré » ou participant de ce « genre » qu’ils détestent, en l’occurrence la famille nucléaire, qui s’est imposée seulement au xixe siècle ? On peut en douter : la « théorie du genre » a été constamment au cœur de leur campagne contre le mariage pour tous. Pourtant, au début du xxie siècle, ce modèle de famille, qu’André Gide et Hervé Bazin jugeaient de manière si contradictoire, était déjà parti en pièces et en morceaux pour de multiples raisons (économiques, sociales, morales, culturelles, sexuelles…), et de nouveaux modèles étaient apparus. La famille nucléaire bourgeoise était pourtant le seul modèle susceptible d’être labellisé « famille », selon la Manif pour tous.

Ce mouvement, en particulier avec la manifestation du 11 janvier 2013, a finalement mobilisé bien au-delà des catholiques traditionnels, au point qu’on a même cru, sur le moment, que la déchristianisation en France était moins profonde qu’on ne croyait. Pourtant, ce combat, comme tous ceux que l’Église et les catholiques ont menés depuis près d’un demi-siècle en faveur de leurs conceptions de la morale sexuelle, conjugale et familiale, a été perdu. On peut conclure ici à une véritable défaite de l’Église dans le domaine de l’intime, défaite qui a fortement contribué, en raison du moment et de l’enjeu, au déclin du catholicisme dans la seconde moitié du xxe siècle.


L’existence même de la famille et sa définition ont donc été longtemps liées à la conception du rôle et de la place des femmes, à leur dépendance biologique, à leur épanouissement exclusif dans la maternité et à la « dépendance de la femme à l’égard de son mari, dépendance sanctionnée aux premières pages de la Révélation (Genèse 3, 1 à 19)15  ». Ainsi, on doit donner raison à l’historien André Burguière quand il écrit : « L’émancipation de la femme, qui est liée à l’élévation de son statut professionnel, est la cause principale du déclin des mariages. La multiplication des familles recomposées en est la conséquence. Il ne s’agit pas de se demander si toutes ces transformations sont positives et vont dans le même sens, mais de constater qu’elles sont toutes liées à la modification de la place des femmes dans la société16. » À cet égard, l’Église est passée complètement à côté d’une des transformations sociales les plus profondes de ce siècle, ce qui n’est certainement pas sans lien avec sa difficulté à débattre de la place des femmes en son sein, c’est-à-dire leur accès aux « ministères ordonnés » (diaconat, prêtrise, épiscopat) et au pouvoir sacral.

Ensuite, l’Église catholique est une grande productrice de textes, notamment, au xxe siècle, sur la sexualité, le mariage et la famille. Chacun renvoie aux encycliques et déclarations antérieures du Magistère, maintenant la fiction d’une continuité de la tradition catholique. La rançon en est que nombre de réflexions sont décalées par rapport aux réalités sociales. On peut certes adhérer aux objections catholiques à l’encontre des émancipations autoproclamées et, après tout, dans une démocratie ouverte, les choix de société sont discutés. Le pape François a le droit d’écrire que « personne ne peut penser qu’affaiblir la famille comme société naturelle fondée sur le mariage soit une chose qui favorise la société17 ». Les sociologues qui ont étudié le « démariage » pourraient dire que, malgré ses changements de forme (et de format), la famille reste un refuge, un abri, un soutien, une ressource matérielle et morale. Ils pourraient dire aussi les multiples handicaps et les conséquences négatives pour les familles monoparentales – pour les enfants et, souvent, les mères. Mais l’Église catholique, de plus en plus minoritaire, s’enferme ainsi dans un refus traditionaliste et identitaire, en décalage avec la réalité de la vie de nombreux catholiques au sein de leurs paroisses – et il en résulte un risque de double langage permanent.

Couronnant catastrophiquement le tout, la révélation des abus sexuels commis par des prêtres et des laïcs engagés dans des institutions chrétiennes – qu’il s’agisse de pédocriminalité ou d’abus sur des adultes, en général des femmes – et, plus encore, le silence des responsables quand ils savaient, ont fortement discrédité le discours de l’Église sur la sexualité. L’Église aurait mieux fait de comprendre et de reconnaître les droits modernes accordés aux femmes, aux enfants ou aux minorités sexuelles. Elle aurait évité ainsi de ranger dans la rubrique des péchés contre la chasteté (le sixième commandement) ce qui relevait en réalité de la violence (le cinquième commandement : « Tu ne tueras pas »). Elle aurait évité, parce qu’elle se considère elle-même comme une grande famille, de couvrir ses fils les plus précieux (les prêtres) en gardant le silence sur ce que la justice des hommes considère comme des crimes et délits.

  • 1. Sur la Manif pour tous, voir Florian Michel et Yann Raison du Cleuziou (sous la dir. de), À la droite du Père. Les catholiques et les droites de 1945 à nos jours, Paris, Seuil, 2022, p. 471-505 ; Céline Béraud et Philippe Portier, Métamorphoses catholiques. Acteurs, enjeux et mobilisations depuis le mariage pour tous, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, coll. « Interventions », 2015.
  • 2. Michel Leplay, « Un monument, une cathédrale », La Croix, 14 novembre 1992.
  • 3. Voir Martine Sevegrand, Le Sixième Commandement. L’Église catholique et la morale sexuelle (France, xxe siècle), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2023.
  • 4. Voir Casti Connubii. Lettre encyclique du souverain pontife Pie XI sur le mariage chrétien considéré au point de vue de la condition présente, des nécessités, des erreurs et des vices de la famille et de la société [en ligne], Vatican, 31 décembre 1930, « Introduction » : « La nature du mariage est absolument soustraite à la liberté de l’homme, en sorte que quiconque l’a une fois contracté se trouve du même coup soumis à ses lois divines et à ses exigences essentielles. »
  • 5. Sur les arguments de l’encyclique et sa réception, voir M. Sevegrand, Le Sixième Commandement, op. cit., p. 121-139 ; Michel Séguin, La Contraception et l’Église. Bilan et prospective, Montréal et Paris, Éditions Paulines et Médiaspaul, 1994.
  • 6. Fortement critiqué à l’époque, cet argument du respect de la nature a été réhabilité récemment par des militantes écologistes, y compris dans les franges traditionalistes de l’Église.
  • 7. Voir Casti Connubii, encyclique citée : « Tout usage du mariage, quel qu’il soit, dans l’exercice duquel l’acte est privé, par l’artifice des hommes, de sa puissance naturelle de procréer la vie, offense la loi de Dieu et la loi naturelle, et […] ceux qui auront commis quelque chose de pareil se sont souillés d’une faute grave.  »
  • 8. Irène Théry, Moi aussi. La nouvelle civilité sexuelle, Paris, Seuil, coll. « Traverse », 2022, p. 147. Sur la nouvelle société qui s’impose dans les années 1970-1980, voir aussi, dans un sens optimiste, Gilles Lipovetsky, L’Ère du vide. Essais sur l’individualisme contemporain [1983], Paris, Gallimard, coll. « Folio essais », 1989, et, dans un sens plutôt pessimiste, Christopher Lasch, La Culture du narcissisme. La vie américaine à un âge de déclin des espérances [1979], trad. par Michel L. Landa, préface de Jean-Claude Michéa, Paris, Flammarion, coll. « Champs », 2008.
  • 9. Voir Guillaume Cuchet, Comment notre monde a cessé d’être chrétien. Anatomie d’un effondrement, Paris, Seuil, coll. « La couleur des idées », 2018, p. 199-241.
  • 10. M. Sevegrand, Les Enfants du bon Dieu. Les catholiques français et la procréation au xxe siècle, Paris, Albin Michel, 1995, p. 291-309.
  • 11. Voir Catherine Grémion, « La décision dans l’Église. Contraception, procréation assistée, avortement : trois moments clés », Esprit, février 2010.
  • 12. Le pape François a récemment opéré un véritable tournant, par sa parole et sa pratique personnelle d’accueil des exclus du système moral de l’Église, et par son exhortation apostolique Amoris laetitia (« La joie de l’amour », 2016). Il laisse entendre (§ 153-157) que, dans le mariage, il se passe des choses imprévisibles, sur lesquelles l’Église n’a pas à intervenir. Il a aussi récemment rappelé que les personnes transgenres et les enfants de couples homosexuels peuvent être baptisés s’ils le souhaitent.
  • 13. I. Théry, Le Démariage. Justice et vie privée, Paris, Odile Jacob, 1993. Voir aussi Louis Roussel, La Famille incertaine, Paris, Odile Jacob, 1989, et François de Singly, Le Soi, le couple et la famille, Paris, Nathan, coll. « Essais et recherches », 1996.
  • 14. Jean-Hugues Déchaux, « La famille à l’heure de l’individualisme », Projet, vol. 322, no 3, juin-juillet 2011, p. 32. Voir aussi Pierre Bréchon, « La famille, une valeur bien ancrée en Europe », La Croix, 29 avril 2014.
  • 15. Pie XII, « Allocution aux jeunes mariés », 10 septembre 1941. Mais faut-il rappeler qu’en France, les femmes n’ont obtenu le droit de vote qu’en 1946 ?
  • 16. André Burguière, Le Mariage et l’Amour. En France, de la Renaissance à la Révolution, Paris, Seuil, coll. « L’univers historique », 2011, p. 371.
  • 17. Pape François, Amoris laetitia [en ligne], Vatican, 19 mars 2016, § 52.