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Vue google Map de la prison Saidnaya au nord de Damas (Capture d'écran Google map)
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L'abattoir de Saidnaya

mars/avril 2017

Une fois la plate-forme pleine de condamnés, on leur passe un nœud coulant autour du cou avant de les pousser dans le vide. Après avoir laissé les pendus un quart d’heure au bout de la corde, les aides de camp exercent une traction sur les survivants afin de leur briser le cou.

Sur la base de près d’une centaine d’entretiens, Amnesty International accuse le régime syrien de crimes contre l’humanité : l’exécution sommaire d’entre 5 000 et 13 000 personnes, dans la prison militaire de Saidnaya, au cours de la période allant de septembre 2011 à décembre 20151.

Le rapport de l’Ong rappelle la longue histoire de disparitions forcées et de massacres de prisonniers du régime syrien2. Ce dernier, contrairement à la fiction que la communauté internationale continue d’accréditer, n’est pas un État, mais un parti qui fonctionne comme une bande violente cherchant à éradiquer le politique3. À cet égard, la prison de Saidnaya est comme le microcosme de la Syrie, jusque dans la manière dont le régime a libéré les islamistes pour qu’ils dévorent la révolution4. Le rapport souligne également que la révolution syrienne a commencé en protestation contre la torture des quinze adolescents qui avaient défié le gouvernement sur les murs de leur école de Deraa en mars 2011.

La prison militaire de Saidnaya, située à 30 km au nord de Damas, détient entre 10 000 et 20 000 personnes. Elle est constituée d’un bâtiment blanc qui contient des militaires s

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Jonathan Chalier

Rédacteur en chef adjoint de la revue Esprit, chargé de cours de philosophie à l'École polytechnique.

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