Janet Leigh en route vers le Bates Motel dans Psychose de Alfred Hitchcock
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Cinéma d'horreur, les ressorts de la peur

septembre 2018

Où réside l’essence du cinéma d’horreur ? Est-ce dans la capacité d’effrayer les spectateurs dans la salle, ou dans l’art de les marquer à tel point qu’ils repensent à certaines scènes bien après, dans les heures ou jours suivant la séance ? En somme, faut-il impressionner le public ou le «traumatiser» ?

Le sujet n’est pas neuf et la subjectivité de la peur ou des ressentis face à un long métrage rend difficile le débat critique sur l’horreur comme genre. Entre ne pas avoir peur et être terrifié, il peut paraître difficile de livrer un discours analytique sur ces films.

Ces derniers mois, justement, plusieurs œuvres ont suscité l’intérêt des fans de ce genre et du grand public : Sans un bruit (John Krasinski), Hérédité (Ari Aster), The Witch (Robert Eggers), No dormirás (Gustavo Hernández). Pour autant, leurs qualités ne relèvent pas forcément du cinéma d’horreur et interrogent même la frontière entre ce genre et celui du thriller. Du moins échappent-elles à la multiplication des jump scares, ces instants de silence suivis d’irruptions soudaines et sonores à l’écran pour prendre le public par surprise, et qui ont pullulé ces dernières années dans les productions d’horreur.

Le scénario de Sans un bruit permet de s’interroger sur l’étiquette à lui attribuer : dans un futur proche, une famille vit recluse, le monde étant envahi de créatures aveugles mais surgissant pour tuer au moindre son. Or ces étranges organismes

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Louis Andrieu

Etudiant à Sciences-Po Paris, cinéphile, il écrit sur le cinéma, les contenus audiovisuel et les images dans la Revue Esprit depuis 2013.

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