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Photo : Norbu GYACHUNG via Unsplash, Paris, le 5 janvier 2019.
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Le libéralisme introuvable

À l’aube de la campagne présidentielle, le retour au libéralisme se présente comme une promesse non tenue d’Emmanuel Macron. L’enchainement des crises (Gilets jaunes, pandémie, attentats) a favorisé une action policière rivée au thème de l’urgence et produit des politisations malheureuses, qu’il est crucial de traduire institutionnellement.

La victoire d’Emmanuel Macron en 2017 devait marquer le rendez-vous tardif de la France avec le libéralisme. Certes, l’« ancien monde » avait déjà donné beaucoup de gages aux dogmes de la dérégulation des marchés et de la concurrence libre et non faussée. Mais ce qui était libéral sur le plan économique s’avouait rarement comme tel, s’affublant même de l’adjectif « social » afin de satisfaire le tropisme égalitaire prêté aux Français. Surtout, le libéralisme pratiqué en France était amputé de sa dimension juridique originaire : sous la Ve République, la séparation des pouvoirs et la sanctuarisation des libertés individuelles ont rarement été portées comme des étendards. Sur le papier, l’élection de 2017 semblait devoir réparer cette anomalie. Le nouveau président annonçait sa « révolution » sous le double signe d’une économie libérée des entraves de l’administration et d’un État « veilleur de nuit », garant des libertés publiques1.

Quatre ans après l’élection, la réconciliation avec le libéralisme n’est plus à l’ordre du jour. Que l’on s’en réjouisse ou qu’on le déplore, il vaut la peine de se demander pourquoi la promesse libérale du macronisme s’est abîmée dans la perpétuation indéfinie des états d’urgence et l’organisation du quotidien autour des QR codes. Il ne s’agit pas tant de présenter un bilan du quinquennat que de comprendre les raisons de ce nouveau rendez-vous manqué de la Fra

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Michaël Fœssel

Philosophe, il a présenté et commenté l'oeuvre de Paul Ricœur (Anthologie Paul Ricœur, avec Fabien Lamouche), a coordonné plusieurs numéros spéciaux de la revue, notamment, en mars-avril 2012, « Où en sont les philosophes ? ». Il est membre du Conseil de rédaction d'Esprit. Il est notamment l'auteur de L'Équivoque du monde (CNRS Éditions, 2008), de La Privation de l'intime (Seuil, 2008), État de

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La question du logement nous concerne tous, mais elle peine à s’inscrire dans le débat public. Pourtant, avant même la crise sanitaire, le mouvement des Gilets jaunes avait montré qu’elle cristallisait de nombreuses préoccupations. Les transformations à l’œuvre dans le secteur du logement, comme nos représentations de l’habitat, font ainsi écho à nombre de défis contemporains : l’accueil des migrants, la transition écologique, les jeux du marché, la place de l’État, la solidarité et la ségrégation… Ce dossier, coordonné par Julien Leplaideur, éclaire les dynamiques du secteur pour mieux comprendre les tensions sociales actuelles, mais aussi nos envies de vivre autrement.

À lire aussi dans ce numéro : le piège de l’identité, la naissance du témoin moderne, Castoriadis fonctionnaire, le libéralisme introuvable, un nouveau Mounier et Jaccottet sur les pas d’Orphée.