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Photo : Anthony Choren via Unsplash
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Dans le même numéro

L’ombre de l’Empire

janv./févr. 2022

Malgré la multiplication des crises globales, la campagne présidentielle se cantonne aux questions nationales, comme si la politique étrangère échappait au débat démocratique. Il est grand temps d’ouvrir ce domaine réservé, et d’associer les Français à des choix qui les concernent tous.

Quel sera le grand enjeu de l’élection présidentielle ? Les sondages tentent de cerner le trio de tête parmi les préoccupations (immigration, sécurité, climat…) mais nul n’en sait rien, car la France-cyclope ne voit que d’un œil : la scène politique n’est éclairée qu’à moitié et un pan entier en reste dans l’ombre. On ne débat que de ce qui se passe chez nous et jamais de ce qui concerne le monde. Malgré la mondialisation qui a restructuré les économies, malgré l’Europe qui encadre les politiques, malgré les virus qui parcourent le globe, malgré la crise climatique qui menace la planète, on circonscrit les débats aux questions nationales. La dimension planétaire, bien que déterminante, est systématiquement occultée. Est-ce en raison de ce demi-aveuglement que près de la moitié du corps électoral s’abstient désormais de voter ?

Dans tous les pays, la tentation des élites est de monopoliser les raisonnements transfrontières. Un sociologue anglo-saxon a même théorisé l’opposition entre la classe dirigeante mondialisée, qui serait de partout (anywhere), et le peuple qui, pour le meilleur et pour le pire, se sentirait de quelque part (somewhere)1. On peut se demander ce que vaut une telle prophétie autoréalisatrice. En France, une vaste construction fantasmatique et institutionnelle a édifié un mur entre la population et les enjeux de politique planétaire. Emmanuel Macron s’est interrog

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Philippe Lemoine

Entrepreneur et essayiste, il a notamment publié Une révolution sans les Français ? Action citoyenne et transformation politique à l’âge numérique, éditions de l’Aube, mai 2018.  

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L’amour des marges. Autour de Michel de Certeau

Comment écrire l’histoire des marges ? Cette question traverse l’œuvre de Michel de Certeau, dans sa dimension théorique, mais aussi pratique : Certeau ne s’installe en effet dans aucune discipline, et aborde chaque domaine en transfuge, tandis que son principal objet d’étude est la façon dont un désir fait face à l’institution. À un moment où, tant historiquement que politiquement, la politique des marges semble avoir été effacée par le capitalisme mondialisé, l’essor des géants du numérique et toutes les formes de contrôle qui en résultent, il est particulièrement intéressant de se demander où sont passées les marges, comment les penser, et en quel sens leur expérience est encore possible. Ce dossier, coordonné par Guillaume Le Blanc, propose d’aborder ces questions en parcourant l’œuvre de Michel de Certeau, afin de faire voir les vertus créatrices et critiques que recèlent les marges. À lire aussi dans ce numéro : La société française s’est-elle droitisée ?, les partis-mouvements, le populisme chrétien, l’internement des Ouïghours, le pacte de Glasgow, et un tombeau pour Proust.