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Photo : Nicola Fioravanti via Unsplash
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La ville du quart d’heure

avril 2021

La ville de Paris communique ces temps-ci autour de « la ville du quart d’heure », où toutes les commodités seraient accessibles en quinze minutes de marche. Que penser de cette appréhension de nos organisations quotidiennes ?

Qui n’a pas rêvé de trouver ce dont il a besoin pour son quotidien à deux pas de chez lui ? Non seulement de quoi manger, mais aussi la presse, la laverie automatique, la droguerie, l’épicerie bio et les services (coiffeur, médecin, kiné, réparateur de vélo, que sais-je encore ?). On appelait cela la vie de quartier. Lorsqu’on ouvre un hypermarché à la périphérie des villes, accessible aux seuls consommateurs motorisés, l’on déplace la centralité quotidienne. De même en « ubérisant » la plupart des activités afin que des coursiers viennent vous livrer à domicile, l’on transforme le rez-de-chaussée des villes en tuyaux aux murs aveugles. Plus de contact humain, des applications smartphone, « Tapez 1, tapez 2 et validez votre paiement par carte bancaire ». Comme le dit Jean-Luc Godard : « Avant, il y avait machin, maintenant, c’est machine ! »

Vivre dans un quartier bien équipé, où l’on trouve tout à pied à moins d’un quart d’heure de son logement, paraît aller de soi. Pourtant, la morphologie des villes, le tout-voiture, l’emplacement des commerces et des services ne favorisent pas partout leur répartition équitable. Il existe des centres-villes quasi dépourvus de commerces sauf ceux destinés aux touristes, tout comme des coins pavillonnaires essentiellement résidentiels où les habitants rentrent chez eux en voiture après avoir fait les courses. Il y a des villes très étendues et mal desservies en transports en commun, où l’habitant n’a rien à se mettre sous

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Thierry Paquot

Philosophe, professeur à l'Institut d'urbanisme de Paris, il est spécialiste des questions urbaines et architecturales, et participe activement au débat sur la ville et ses transformations actuelles. Thierry Paquot a beaucoup contribué à diffuser l'oeuvre d'Ivan Illich en France (voir sa préface à Ivan Illich, La Découverte, 2012), et poursuit ses explorations philosophiques du lien entre nature,…

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Les difficultés rencontrées pendant la gestion de l’épidémie de Covid-19 ont remis en lumière le rapport paradoxal que la France entretient avec son État. Parce qu’il est censé décider de tout, il est le recours vers lequel tous se tournent en situation de crise, en même temps qu’il concentre l’essentiel des critiques. Au-delà de la crise sanitaire, la question d’un juste partage des responsabilités entre l’État et d’autres acteurs - les collectivités territoriales, les citoyens, les syndicats ou les entreprises- pour construire un horizon d’action commun se pose. Alors même que la pandémie marque le retour en grâce de l’action publique, comment changer concrètement la figure de l’État pour apaiser sa relation avec la société et lui permettre de répondre aux aspirations contemporaines en matière d’écologie et de justice sociale ? C’est à cette question que s’attache ce dossier, coordonné par Lucile Schmid.