Tallinn, Estonie | Photo : Artem Sapegin via Unsplash
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Les pays baltiques, européens d’abord ?

mai 2021

L’Estonie, la Lettonie et la Lituanie, désormais pleinement émancipées de la tutelle soviétique, sont devenues des démocraties accomplies, aux économies prospères, et des acteurs à part entière de l’Union européenne. Les trois États doivent néanmoins faire face à une forte émigration des jeunes actifs, ainsi qu’à des tensions avec la Russie et leurs importantes minorités russophones.

Le voyageur qui, pour la première fois, arrive en terre baltique se sent comme en Occident. S’il visite les autres ex-républiques soviétiques, l’impression est complètement différente. Il y a trente ans, un politicien balte déclarait que la vocation de ces pays était de devenir, à terme, « d’ennuyeuses petites démocraties d’Europe du Nord ». Nous y sommes, l’ennui en moins. Aujourd’hui, quarante ans après leur retour à l’indépendance, prospères et démocratiques, ils sont depuis 2004 des membres à part entière de l’Union européenne et de l’Otan. Contrairement aux douze autres anciens États soviétiques, les États baltiques se sont accoutumés à la démocratie, et ne sont pas retombés dans les travers des années 1930 – une instabilité gouvernementale chronique et la quête d’un leader providentiel. Par ailleurs, rien n’indique que des dérives à la hongroise ou à la polonaise les menacent à court terme. Si l’on se souvient de l’adage selon lequel « on peut faire une soupe de poisson avec un aquarium mais l’inverse est problématique », on peut se demander comment, après avoir été sovi&ea

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Yves Plasseraud

Juriste et politologue, Yves Plasseraud a notamment publié Les Pays baltiques : le pluriculturalismeen héritage (Armeline, 2020).

Suzanne Pourchier-Plasseraud

Docteure en histoire (Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Suzanne Pourchier-Plasseraud a notamment publié Les Arts de la nation. Construction nationale et arts visuels en Lettonie, 1905-1934 (Presses universitaires de Rennes, 2013).

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Force structurante de notre modernité, le libéralisme concentre ces dernières années toutes les critiques. Mais lorsque certains fustigent la société du tout marché, l’individualisme et l’égoïsme contemporains, l’élitisme, les inégalités ou l’autoritarisme, est-ce bien à l’idée libérale qu’ils en ont ? La démocratie peut-elle se passer du libéralisme ? C’est à ces questions que s’attache ce dossier, coordonné par Anne-Lorraine Bujon. Le libéralisme y apparaît d’abord comme une tradition plurielle, capable de se renouveler et de se combiner avec d’autres courants de pensée politique. Timothy Garton Ash le définit comme une méthode plutôt qu’un système : « une quête interminable pour déterminer le meilleur moyen de bien vivre ensemble dans les conditions de la liberté ». À quelles conditions, et dans quelles formes nouvelles peut-on défendre aujourd’hui l’idée libérale ? À lire aussi dans ce numéro : l’Allemagne après la réunification, les pays baltiques, la mémoire selon Ernest Pignon-Ernest, une lecture de Nœuds de vie de Julien Gracq, et la vie de Konrad von Moltke, le délégué de la nature.