Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !

Notes de lecture

Dans le même numéro

Un fils perdu de Sacha Filipenko

Trad. par Philie Arnoux et Paul Lequesne

juin 2022

Un fils perdu, premier roman de l’écrivain biélorusse publié en 2014, mais troisième à être traduit en français après Croix rouges et La Traque1, est troublant tant l’actualité internationale lui confère une résonance politique particulière, au risque même de faire oublier ses qualités littéraires intrinsèques. L’intrigue se résume aisément : en 1999, à la suite d’un mouvement de foule dans un souterrain de métro, Francysk, un jeune homme de 16 ans, élève d’une école de musique dans une ville de Biélorussie, tombe dans le coma ; quand il se réveille dix années plus tard, au moment précis où sa grand-mère, la seule à avoir cru obstinément à sa rémission, meurt, il lui faut retrouver ses marques dans un contexte inédit et appréhender un monde qui pourrait lui être devenu étranger.

En filigrane à la référence à des événements historiques précis, le récit brille par l’ingéniosité de Filipenko à rendre sensibles les affects bousculés du héros et de ceux qui l’entourent, son talent pour permettre à une pluralité de voix de raconter des moments de vie en lien direct avec des pages d’histoire, son recours à un humour souvent noir pour laisser affleurer une colère sourde, son habilité à dessiner la géographie d’une ville, d’un immeuble, d’un appartement. Soumission, censure, oppression, terrorisme, tortures, arrestations, mais aussi amitié, amour familial, espoir, résistance et man

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Les Éditions Noir sur Blanc, 2022
183 p. 19,50 €

Sylvie Bressler

Critique littéraire à la revue Esprit depuis 2002.

Dans le même numéro

La démocratie des communs

Les « communs », dans leur dimension théorique et pratique, sont devenus une notion incontournable pour concevoir des alternatives à l’exclusion propriétaire et étatique. Opposés à la privatisation de certaines ressources considérées comme collectives, ceux qui défendent leur emploi ne se positionnent pas pour autant en faveur d’un retour à la propriété publique, mais proposent de repenser la notion d’intérêt général sous l’angle de l’autogouvernement et de la coopération. Ce faisant, ils espèrent dépasser certaines apories relatives à la logique propriétaire (définie non plus comme le droit absolu d’une personne sur une chose, mais comme un faisceau de droits), et concevoir des formes de démocratisation de l’économie. Le dossier de ce numéro, coordonné par Édouard Jourdain, tâchera de montrer qu’une approche par les communs de la démocratie serait susceptible d’en renouveler à la fois la théorie et la pratique, en dépassant les clivages traditionnels du public et du privé, ou de l’État et de la société.