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Notes de lecture

Dans le même numéro

Sitopia de Carolyn Steel

Comment la nourriture sauvera le monde Trad. par Marianne Bouvier. Postface de Bruno Lhost

janv./févr. 2022

L’architecte britannique Carolyn Steel complète son précédent ouvrage1, en examinant les effets de la nourriture, non seulement sur la vie et la santé de chacun, mais aussi sur l’organisation sociale et l’environnement. « Nous habitons aujourd’hui un village global où Google est la place du marché, Amazon le magasin général, Facebook la clôture du jardin et Twitter la commère du quartier. Des activités qui autrefois se pratiquaient uniquement en ville peuvent désormais se réaliser d’un simple effleurement de doigt depuis un désert, un océan ou un avion. » Pourtant, la numérisation épargne encore le lieu qui nous nourrit (sitopie). Aussi faut-il le connaître, l’entretenir, l’enrichir et le protéger.

« Nous sommes la seule espèce à cultiver et élever ce que nous mangeons. » Cela nous responsabilise eu égard à l’agriculture et à l’environnement, d’autant que le dérèglement climatique menace, que l’eau se fait rare, que la pêche industrielle épuise les océans, que des zoonoses surviennent à la suite de la destruction des habitats de certains animaux et que les marchés des biens alimentaires se globalisent, sans se soucier pour autant de la qualité du sol et de celle des aliments. Carolyn Steel, en sept chapitres (« La nourriture », « Le corps », « La maison », « La société », « Ville et campagne », « La nature » et « Le temps ») bien documentés et rédigés d’une plume alerte, e

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Rue de l’Échiquier, 2021
416 p. 25 €

Thierry Paquot

Philosophe, professeur à l'Institut d'urbanisme de Paris, il est spécialiste des questions urbaines et architecturales, et participe activement au débat sur la ville et ses transformations actuelles. Thierry Paquot a beaucoup contribué à diffuser l'oeuvre d'Ivan Illich en France (voir sa préface à Ivan Illich, La Découverte, 2012), et poursuit ses explorations philosophiques du lien entre nature,…

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Comment écrire l’histoire des marges ? Cette question traverse l’œuvre de Michel de Certeau, dans sa dimension théorique, mais aussi pratique : Certeau ne s’installe en effet dans aucune discipline, et aborde chaque domaine en transfuge, tandis que son principal objet d’étude est la façon dont un désir fait face à l’institution. À un moment où, tant historiquement que politiquement, la politique des marges semble avoir été effacée par le capitalisme mondialisé, l’essor des géants du numérique et toutes les formes de contrôle qui en résultent, il est particulièrement intéressant de se demander où sont passées les marges, comment les penser, et en quel sens leur expérience est encore possible. Ce dossier, coordonné par Guillaume Le Blanc, propose d’aborder ces questions en parcourant l’œuvre de Michel de Certeau, afin de faire voir les vertus créatrices et critiques que recèlent les marges. À lire aussi dans ce numéro : La société française s’est-elle droitisée ?, les partis-mouvements, le populisme chrétien, l’internement des Ouïghours, le pacte de Glasgow, et un tombeau pour Proust.