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Photo : Elsa Olofsson via Unsplash (https://unsplash.com/@elsaolofsson)
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Cannabis : les risques de la répression

septembre 2021

La politique mise en œuvre par Gérald Darmanin contre le cannabis prend le parti de culpabiliser les consommateurs, en passant sous silence la question de leur accompagnement, ainsi que les effets délétères de la pénalisation. La France s'obstine ainsi à poursuivre dans l'impasse prohibitionniste, malgré les nombreuses preuves de son inefficacité et l'évolution de l'opinion à ce sujet.

Le discours sur le cannabis du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin est punitif, conservateur et populiste. Il révèle une méconnaissance des débats scientifiques et témoigne d’un décalage avec le paysage international, le débat politique français et la population.

La répression en France

La France est l’un des pays les plus répressifs d’Europe vis-à-vis de l’usage de drogues. La France pénalise de plus en plus l’usage et renonce en partie à l’ancrage sanitaire de la loi du 31 décembre 1970. En 2020, l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) mettait en évidence que 160 000 personnes avaient été interpelées pour une infraction à la législation sur les stupéfiants (dont 80 % concernaient des usagers), soit 40 fois plus qu’en 1970 (où les interpellations concernaient 4 000 personnes)1. L’OFDT révèle que 90 % des interpellations sont liées au cannabis en 2010, contre 40 % en 1985. L’instauration de l’amende forfaitaire délictuelle de 200 euros en juin 2020 est emblématique de cette pénalisation de l’usage : les usagers sont désormais sanctionnés directement par les forces de police et non plus par un juge, qui pouvait orienter vers le soin.

En avril 2021, le ministre de l’Intérieur justifiait cette pénalisation en pointant la responsabilité des consommateurs dans le trafic et en mobilisant une rhétorique de lutte des classes. Pour lui, les consommateurs de ca

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Marie Jauffret-Roustide

Sociologue, chargée de recherche Inserm au Centre d'étude des mouvements sociaux (EHESS/CNRS UMR8044/Inserm U1276). Ses recherches portent sur la gestion du risque dans le champ des addictions et la place des savoirs profanes dans la construction des politiques de réduction des risques.

Jean-Maxence Granier

Agrégé de lettres, linguiste et sémioticien de formation, il a fondé le cabinet d'études et de conseil Think-Out spécialisé dans l'analyse des médias et des marques. Il s'intéresse à des questions comme la laïcité,  le numérique, les  psychotropes, la démocratie participative ou encore l'anthropocène. Il préside l'association Autosupport des usagers de drogues. …