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Photo via Unsplash
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Facebook, antichambre du trumpisme

La complaisance de Facebook envers Donald Trump n’est pas un hasard. L’un des principaux actionnaires de l’entreprise, Peter Thiel, a joué de son influence pour abolir la modération et le fact-checking sur le réseau social, laissant ainsi le champ libre aux campagnes de désinformation menées par l’ancien président.

Premier investisseur d’importance dans ce qui s’appelait encore Facebook, le milliardaire Peter Thiel a annoncé le 7 février 2022 qu’il quittait le conseil d’administration de Meta, où il siégeait depuis 2005. Selon The New York Times, il quitterait le géant pour se consacrer à la campagne de candidats républicains pro-Trump aux élections de mi-mandat de novembre 20221. Cette information, en apparence anodine, n’est pas sans rappeler les liens particuliers qu’entretenait le réseau social avec les campagnes de désinformation menées par Donald Trump entre 2016 et 2020.

L’éducation d’un libertarien

Mais qui est Peter Thiel ? Un an après sa naissance à Francfort en 1967, sa famille emménage à Cleveland. Au fil des déménagements, il fait finalement son lycée à Foster City, dans la baie de San Francisco. À Stanford, il étudie la philosophie du xxe siècle. Il est particulièrement influencé par René Girard, dont l’idée d’une compétition, d’une jalousie entre les individus, sied à son état d’esprit d’entrepreneur. Après la philosophie, il s’oriente vers le droit, discipline dont il est diplômé en 1992, mais, profondément marqué par le philosophe français, il finance aujourd’hui Imitatio Project, un institut de recherche dédié à la pensée de ce dernier.

Ses faits d’armes se trouvent cependant dans le monde de l’entreprenariat. Il est

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Adrien Tallent

Etudiant en philosophie et à Grenoble Ecole de Management où il s’est spécialisé en géopolitique, Adrien Tallent a été assistant de rédaction à la revue Esprit de septembre 2018 à février 2019. Il a également co-fondé le media en ligne Homo Gulliver.

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Patrimoines contestés

Depuis la vague de déboulonnage des statues qui a suivi l’assassinat de George Floyd, en mai 2020, la mémoire et le patrimoine sont redevenus, de manière toujours plus évidente, des terrains de contestation politique. Inscrire ces appropriations de l’espace urbain dans un contexte élargi permet d’en comprendre plus précisément la portée : des manifestations moins médiatisées, comme l’arrachement de la statue d’un empereur éthiopien en Grande-Bretagne, ou touchant à des strates d’histoire inattendues, comme la gestion de la statuaire soviétique, participent d’une même volonté de contester un ordre en dégradant ses symboles. Alors qu’une immense statue célébrant l’amitié russo-ukrainienne vient d’être démontée à Kiev, le dossier de ce numéro, coordonné par Anne Lafont, choisit de prendre au sérieux cette nouvelle forme de contestation, et montre que les rapports souvent passionnés que les sociétés entretiennent avec leur patrimoine ne sont jamais sans lien avec leur expérience du conflit. À lire aussi dans ce numéro : l’histoire, oubli de l’inconscient ?, le prix de l’ordre, pour une histoire européenne, les femmes dans l’Église, les réfugiés d’Ukraine et nos mélancolies secrètes.