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Une justice pour les femmes ?

L’affaire Weinstein et le mouvement #MeToo ont enflammé le débat public ces derniers mois, mettant en relief un nouvel élan, que l’on pourrait qualifier de marxiste, du féminisme contemporain.

Le marxisme et le féminisme ont historiquement partie liée, puisque chacun a constitué pour l’autre autant un rival qu’un outil pour mieux théoriser ses propres dominations[1]. Le marxisme, qui s’oppose au système d’aliénation capitaliste au moyen de la lutte des classes, a pu aussi bien être concurrencé qu’appuyé par le féminisme, qui rassemble sous ce terme les idées et courants politiques ayant pour but l’égalité entre les hommes et les femmes sur les plans politique, économique, social, culturel et juridique. Dans sa théorie, Marx prévoit en effet la sécession d’une classe prolétarienne grandissante qui en viendrait à renverser l’État bourgeois qui ­l’opprime. Si une telle prédiction ne s’est pas (encore) réalisée, elle constitue un cadre utile pour analyser le tournant contemporain du mouvement féministe.

Ayant pris conscience d’elle-même, la classe féminine pourrait être tentée de rejeter la société jug&ea

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Diane Delaurens

Diane Delaurens est diplomée de Sciences Po et titulaire d'une licence de philosophie. Elle s'intéresse notamment aux rapports entre philosophie et politiques publiques.

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Alors que l’efficacité des aides sociales est aujourd’hui contestée, ce dossier coordonné par Anne Dujin s’interroge sur le recul de nos idéaux de justice sociale, réduite à l’égalité des chances, et esquisse des voies de refondation de la solidarité, en prêtant une attention particulière aux représentations des inégalités au cinéma et dans la littérature.