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Drive My Car | Copyright 2021 Culture Entertainment/Bitters End/Nekojarashi/Quaras/NIPPON SHUPPAN HANBAI/Bungeishunju/LESPACE VISION/C&I/The Asahi Shimbun Company
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« Raconter, c’est tromper et réparer »

entretien avec

Hamaguchi Ryusuke

octobre 2021

Palme d’or évidente aux yeux de nombreux festivaliers, Drive My Car a décroché un étrange Prix du scénario cette année au Festival de Cannes. Hamaguchi Ryusuke, en compétition déjà en 2018 avec Asako 1 & 2, s’est fait connaître en France avec Senses en 2015. Dans Drive My Car, l’interprétation, la direction d’acteur et la mise en scène témoignent de l’immense maîtrise d’un cinéaste déjà au sommet de son art à 42 ans. Pour la revue Esprit, qui a publié en avril 2019 sa leçon de cinéma (« Que faire voir ? »), il est revenu sur la fabrication de ce bouleversant film sur le deuil, la rencontre et l’apaisement.

Comment ce projet est-il né ? Il succède de très peu à Contes du hasard et autres fantaisies (2020), Grand Prix au festival de Berlin. Est-ce que les deux projets se sont chevauchés ?

En 2018, après la sortie de Asako 1 & 2, mon producteur Yamamoto est venu avec un projet sous le bras, une nouvelle de Murakami. Il se trouve que cette nouvelle ne me parlait pas immédiatement. Mais je lui ai dit que j’avais lu une nouvelle de Murakami, Drive My Car, dans laquelle il y avait des motifs, des questionnements qui m’intéressaient, que j’avais déjà abordés dans mes précédents films : la voiture (un espace clos dans lequel un échange intime peut se dérouler), l’idée du déplacement et du trajet, et des personnages d’acteurs ou de metteurs en scène. En 2019, j’ai commencé les démarches pour obtenir les droits auprès de Murakami, et à écrire le scénario. Parallèlement, j’avançais dans Contes du hasard et autres fantaisies. Courant 2019, j’ai tourné deux des trois épisodes des Contes… Nous devions débuter le tournage de Drive My Car en mars 2020. Nous avons tourné toute la première partie du film, le prologue à Tokyo. La Covid s’est ensuite beaucoup diffusée au Japon. Il a été question que Tokyo soit mis en état d’urgence. Nous avons été obligés de nous interrompre. Nous étions censés tourner à Busan, en Corée. Or les déplacements à l’étranger sont devenus trè

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Hamaguchi Ryusuke

Réalisateur, scénariste et acteur japonais.

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La publication du rapport Duclert a réouvert le débat sur les responsabilités du gouvernement, de la diplomatie et de l’armée françaises dans le génocide des Tutsi au Rwanda. À partir d’une lecture de ce rapport, le présent dossier propose de réfléchir à ce que nous avons appris, dans les vingt-cinq ans qui nous séparent des faits, sur l’implication de la France au Rwanda. Quelles leçons peut-on tirer des événements, mais aussi de la difficulté, dans les années qui ont suivi, à s’accorder sur les faits et à faire reconnaitre la vérité historique ? Quels constats cette histoire invite-t-elle sur le partage des responsabilités entre autorités politiques et militaires, sur les difficultés inhérentes aux opérations extérieures, notamment en Afrique, et enfin sur le bilan de ces interventions, au moment où la France choisit de réduire sa présence au Sahel ? Au-delà du seul cas français, l’échec de la communauté internationale à prévenir le génocide rwandais invite en effet à repenser le cadre des interventions armées sur les théâtres de conflits et de guerres. À lire aussi dans ce numéro : l’avenir de l’Afghanistan, djihadisme et démocratie, gouverner le trottoir, à qui profite le crime ?, le retour à Rome d’Hédi Kaddour et le carnaval Belmondo.