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Un bistrot à ciel ouvert

janv./févr. 2019

Dans le village, entre la boulangerie, la supérette et la maison de la presse, face à l’église, il y a un bistrot. Ce n’est pas un bar, un café ou un troquet, mais un bistrot, un «rade», comme on dit encore parfois. Ce qui caractérise le bistrot, c’est le public. Ce sont des habitués, pas des clients d’un jour qui commandent un thé vert ou un whisky, mais des artisans, des ouvriers, des chasseurs, des retraités… qui partagent un «petit noir» ou un verre de muscadet.

Les conversations, qualifiées péjorativement de «brèves de comptoir», ou propos de bistrot, ne relèvent pas de la haute volée. On parle de la pluie et du beau temps, mais aussi des difficultés de la vie, et il y a belle lurette que la grogne habituelle a fait place à une colère rentrée. Les artisans sont écrasés de charges, des ouvriers peinent à joindre les deux bouts, les retraités pleurent sur la Csg, en sachant fort bien qu’en majorité, ils vivent bien, et les chasseurs ne comprennent pas pourquoi on limite le prélèvement des sangliers qui ravagent les cultures.

Les grommell

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Jacques-Yves Bellay

Écrivain et critique, il a notamment organisé un groupe de travail consacré à Hannah Arendt avec la revue Esprit en 1980. 

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Largement sous-estimée, l’œuvre de Claude Lefort porte pourtant une exigence de démocratie radicale, considère le totalitarisme comme une possibilité permanente de la modernité et élabore une politique de droits de l’homme social. Selon Justine Lacroix et Michaël Fœssel, qui coordonnent le dossier, ces aspects permettent de penser les inquiétudes démocratiques contemporaines. À lire aussi dans ce numéro : un droit à la vérité dans les sorties de conflit, Paul Virilio et l’architecture après le bunker, la religion civile en Chine, les voyages de Sergio Pitol, l’écologie de Debra Granik et le temps de l’exil selon Rithy Panh.