Miguel Discart (CC BY-SA 2.0)
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L'évènement de la rencontre

La Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés en Belgique, établie à l’été 2015 dans le parc Maximilien de Bruxelles en réaction à la politique sécuritaire du gouvernement, trouve sa justification dans la politique autant que dans la morale de l’hospitalité.

C’est une étrange parcelle de verdure logée au milieu d’un des quartiers les plus administratifs de Bruxelles. Le parc Maximilien a quelque chose de l’aberration urbanistique. Un terrain de mini-foot, une plaine de jeux, un parking et quelques pelouses baignent dans l’ombre de grands immeubles de bureaux au milieu d’un quartier qui bourdonne d’activités en journée, puis qui devient désert et fantomatique, aussitôt les fonctionnaires montés dans le train à la gare du Nord toute proche. Espace vide mais à quelques encablures du centre-ville de Bruxelles, c’est un peu par hasard, un peu à dessein qu’ont échoué là, à l’été 2015, les migrants contraints de fuir la guerre au Moyen-Orient ou dans la corne de l’Afrique que leur trajectoire avait amenés en Belgique.

L’État belge réserva un accueil à ces migrants – demandeurs d’asile, dans leur immense majorité – qui oscilla entre impréparation et hostilité. L’Office des étrangers, l’administration en charge d’enregistrer et de traiter les demandes d’asile mais aussi de fournir un logement aux demandeurs d’asile en attente d’une réponse, ne disposait ni des ressources matérielles, ni des ressources humaines pour faire face au nom

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Martin Deleixhe

Professeur de sciences politiques à l'université de Saint-Louis (Bruxelles), il a notamment co-dirigé le numéro HospitalitéS (SociologieS, mars 2018).

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Assistons-nous au triomphe de la xénophobie ? Les exilés ne sont plus les bienvenus dans notre monde de murs et de camps. Pourtant, certains font preuve de courage et organisent une contre-politique hospitalière. Ce dossier estival, coordonné par Fabienne Brugère et Guillaume le Blanc, invite à ouvrir le secours humanitaire sur un accueil institutionnel digne et une appartenance citoyenne réinventée.