Cours de Michaël Foessel à l'Ecole polytechnique Crédit photographique : © École polytechnique - J.Barande
Dans le même numéro

Dieu, cet absent des bondieuseries

Nietzsche affronte l’épuisement historique de la parole chrétienne pour inventer de nouvelles divinités, Barth pense son irréductibilité aux discours mondains : ces deux auteurs rappellent ainsi que, derrière ledit retour du religieux, il y a l’absence de Dieu.

« Dieu : nous ignorons par là ce que nous énonçons.

Celui qui croit sait que nous ne le savons pas »

Karl Barth, L’Épître aux Romains

Si « retour du religieux » il y a, le moins que l’on puisse dire est qu’il ne s’accompagne pas d’un engouement pour la théologie. Les débats sur la place de la religion chrétienne dans les démocraties se bornent le plus souvent à des considérations éthiques (le conflit actuel pour ou contre l’extension de la Pma aux femmes célibataires et aux couples lesbiens). En France, ils portent aussi sur la place institutionnelle des Églises, leurs liens avec l’État et la manière de concilier certains comportements avec une laïcité de plus en plus sourcilleuse. Il est moins souvent question de Dieu que de la « dignité de la personne humaine » ou de la possibilité d’accommoder le formalisme de l’État de droit avec des engagements communautaires fondés sur la foi. Pour ne plus employer de grands mots (Dieu, Création, Incarnation), on brandit de grands principes (dignité, respect, vie).

De ce fait, les questions les plus importantes demeurent en suspens. D’où la « dignité hum

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

Michaël Fœssel

Philosophe, il a présenté et commenté l'oeuvre de Paul Ricoeur (Anthologie Paul Ricoeur, avec Fabien Lamouche), a coordonné plusieurs numéros spéciaux de la revue, notamment en mars-avril 2012 "Où en sont les philosophes ?". Il est membre du Conseil de rédaction d'Esprit.  Il est notamment l'auteur de L'Équivoque du monde (CNRS Éditions, 2008), de La Privation de l'intime (Seuil, 2008),...

Dans le même numéro

Si l’affaiblissement de la base sociale du christianisme en Europe est indéniable, selon le dossier coordonné par Jean-Louis Schlegel, la sécularisation transforme la foi et l’appartenance religieuse en choix personnels et maintient une culture d’origine chrétienne et une quête de sens, particulièrement sensibles dans la création littéraire. A lire aussi dans ce numéro : une défense d’Avital Ronell, un récit de voyage en Iran et des commentaires de l’actualité politique et culturelle.