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Dans le même numéro

Memorial sur le front de l’histoire

En Russie, aujourd’hui, un récit national qui n’admet aucune contestation sert les intérêts d’un régime dictatorial, et va jusqu’à justifier l’agression de l’Ukraine. Dans ce contexte, l’association Memorial International a été dissoute parce qu’elle associait l’étude des répressions soviétiques à la défense des droits humains.

Dans le fracas de la guerre, la dissolution définitive de Memorial – le rejet de l’appel de l’organisation non gouvernementale devant la Cour suprême de la Fédération de Russie – le 28 février 2022 est passée totalement inaperçue. On est loin de la mobilisation d’une partie des médias occidentaux deux mois plus tôt, lorsque la Cour suprême avait prononcé la dissolution de Memorial1. Sans doute la cause était-elle entendue. Plus fondamentalement, la guerre déclenchée, le 24 février 2022, par la Russie contre l’Ukraine, a fait entrer l’Europe dans une ère nouvelle, avec de nouvelles priorités et de nouvelles urgences. La Russie, pays agresseur, est à juste titre mise au ban des nations. N’oublions pas toutefois que, dans ce pays, une poignée de citoyens courageux poursuit la résistance contre le régime de Vladimir Poutine et contre la guerre.

Devant la Cour suprême, les militants et les sympathisants de Memorial portaient tous, ce 28 février, un masque noir sur lequel le fameux signe de ralliement à l’ONG, MY (nous), avait été remplacé par MIR (la paix). Aujourd’hui, le combat prioritaire de tous les Memorialtsy et de leurs sympathisants est le combat pour l’arrêt immédiat de l’agression russe contre l’Ukraine. Une agression théorisée et justifiée par Vladimir Poutine au prétexte que l’Ukraine « fasciste » aurait été sur le point de perpétrer un prétendu génocide des Russes dans le Donbass et

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Nicolas Werth

Historien, directeur de recherche au CNRS et président de Memorial-France, Nicolas Werth a notamment édité, avec Luba Jurgenson, Le Goulag. Témoignages et archives (Bouquins, 2017).

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En Ukraine et en Russie, le temps de la guerre

L’invasion de l’Ukraine en février 2022 a constitué un choc immense pour l’Europe et le monde. Elle s’inscrit néanmoins dans une forme de continuité, qui a vu le régime de Poutine se faire toujours plus répressif à l’intérieur de ses frontières, et menaçant à l’extérieur, depuis au moins 2008 et l’affrontement militaire en Géorgie, l’annexion de la Crimée en 2014 marquant une nouvelle étape dans cette escalade. Constitué en urgence en réaction au déclenchement de la guerre, le dossier de ce numéro interroge ses premières conséquences. De quelles manières les sociétés ukrainienne et russe font-elles face à la guerre ? Comment résister à la vaste opération de révisionnisme historique engagée par le régime de Poutine, dont témoigne la répression de toutes les sources indépendantes d’information, mais aussi de recherche et de connaissance ? En Ukraine, sur quelles ressources la résistance peut-elle compter ? En Russie, une opposition parviendra-t-elle à se constituer, malgré la chape de plomb qui s’est abattue sur le pays ? À lire aussi dans ce numéro : la justice entre les générations, le fascisme du dedans, la politique de Lévi-Strauss, la médecine contre les robots, une autre histoire de la racialisation et la naissance de l’écoféminisme.