Manifestants et forces armées le 8 septembre 1978. Wikimedia
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La révolution iranienne est finie

Après la révolution iranienne, la souveraineté religieuse, représentée par les Gardiens de la révolution islamique, a pris le dessus sur la souveraineté populaire, qui n’a plus d’organisation.

Friedrich Nietzsche a prophétisé avec une précision remarquable que le xxe siècle serait marqué par de grandes guerres menées au nom d’idées philosophiques. Mais ce que Nietzsche n’a pu prévoir, c’est qu’à la fin des années du xxe siècle, il y aurait une révolution au nom de Dieu, établissant une théocratie chiite. La révolution iranienne de 1978-1979 a clairement été l’un des événements majeurs du xxe siècle et un développement mémorable dans l’histoire moderne de l’islam. Certains, comme Michel Foucault, l’ont déclaré avec enthousiasme comme «la première grande insurrection contre les systèmes planétaires[1]».

Néanmoins, la révolution iranienne reste un exemple important de changement socio-politique dans notre modernité pour ses paradoxes et ses rebondissements imprévisibles. Ce phénomène a été surprenant non pas parce qu’il a fait tomber un pouvoir impérial, mais à cause de la manière dont les citoyens iraniens se sont o

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Ramin Jahanbegloo

Professeur de sciences politique à l’université de Toronto, il est notamment l’auteur de The Gandhian Moment (Harvard University Press, 2013).

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Coordonné par Jean-Yves Potel, le dossier analyse le succès du gouvernement du Parti Droit et justice (PiS) en Pologne. Récupérant un mécontentement semblable à celui que l'on perçoit ailleurs en Europe, le régime s'appuie sur le discrédit des élites libérales et le rejet des étrangers pour promouvoir une souveraineté et une fierté nationale retrouvées. Il justifie ainsi un ensemble de mesures sociales mais aussi la mise au pas des journalistes et des juges, et une posture de défi vis à vis des institutions européennes, qu'il n'est pas pour autant question de quitter. À lire aussi dans ce numéro : les nouveaux cahiers de doléance en France, l’emprise du numérique, l’anniversaire de la révolution iranienne, l’antisémitisme sans fin et la pensée écologique.